La vie reprend…

La vie reprend… les souvenirs profondément ancrés…
Tulips

Le printemps s’est officiellement déclaré, mais s’il est venu nous visiter en Février et au début de ce mois, il  s’est brusquement échappé pour nous signaler que le feu dans la cheminée était  encore d’actualité et  le dicton « à Noël  les moucherons, à Pâques les glaçons » n’est pas totalement exclu dans une météo  déboussolée.

Hier lundi 24 Mars, était mon dernier jour de « chimio » et la perspective d’une liberté retrouvée, même si dans l’immédiat, le mal de mer, sans mer… bouscule  mon organisme encore quelques jours.

Les turpitudes dans mon corps, ont débuté en septembre, au cours du dernier Grand Pavois de LR tandis que nous étions 4  Muscadet  le long d’un ponton  tapissé de rouge et de bleu  pour honorer les 50 ans de ce joli bateau.
La vie me souriait encore, puisque je ne savais pas de quoi j’étais atteinte, ou plus exactement, je n’envisageais pas  la possibilité de ne plus maitriser mon corps.

Six mois viennent de s’écouler.  Je dirais : déjà 6 mois !  Parce que mon entourage, famille, amis, ont mis toute leur énergie pour m’accompagner,  m’aider à vivre cette période le mieux possible,  regarder devant et ne pas me retourner sur ce que j’étais avant, mais sur ce que je serai après.

voiles de nuit

voiles de nuit

Après ce Grand Pavois, suivi du salon Nautique de Paris, j’avais envisagé  retrouver mon amie Andrée et Daniel, (organisateur Grand Pavois  du salon de Cannes) avant qu’il ne ferme ses portes il y a deux jours. Le rêve est toujours possible, la réalité est autre. Mais dans ces salons,  comme celui de Paris en Décembre, pour parisiens en mal de souvenirs, nostalgiques d’un été qui se prolonge,  je suis fidèle à ces rendez-vous de marins d’aujourd’hui et de demain.  Nous étions  « exposants » de 1962 à 1990. Depuis  le départ de Philippe en 91, j’ai parcouru les allées et les stands, m’attardant, jusqu’à une date récente, sur  celui du chantier « Etape » où la carène d’un petit Harlé, associé à Mortain/Mavrikios, était encore présente,   celui du Muscadet, où son histoire est quotidiennement racontée par le visiteur venu discrètement caresser son ancien bateau en évoquant ses navigations et ses émotions à l’enfant qui tient sa main et l’appelle papy…celui du stand « Mini » où tous les deux ans une nouvelle génération de fondus, prête à en découdre avec l’océan, vient glaner les tuyaux pour dénicher le sponsor miraculeux… et d’autres escales comme celle des stands groupés LR/Conseil Général/Régie/Grand Pavois, où l’accueil et la convivialité ont, au fil du temps, laissé la place aux « affaires » en oubliant la saveur de nos huîtres, le pain et le beurre qui vont avec.
J’aime parcourir ces allées, dont la configuration n’a guère changé depuis plus de 50 ans. Elles restent le chemin d’accès aux joujoux, souvent inaccessibles à l’achat, mais à la portée du rêve pour un après midi. Elles sont le point de rencontre avec les anciens, ceux de ma génération, éloignés professionnellement, pour des raisons diverses, mais habités d’un immense désir de se ressourcer et revivre leur histoire dans la rencontre de l’Autre, prévue ou imprévue, mais toujours enrichissante.

salon nautique Paris

salon nautique Paris

Chaque année j’ai pensé « tourner la page »- peut-être se tournera-t-elle toute seule…. -. Mais c’est difficile de couper le cordon ombilical d’un passé aussi riche où durant ces 50 années, tant d’événements se sont succédés, où se confondent encore aujourd’hui mes activités liées à la mer : professionnelles, associatives et de loisirs.

Eternel retour sur le passé… est-ce le moment ? Sans doute, parce qu’il peut être, selon les jours, l’éternel printemps,   qu’expriment avec talent, certains artiste peintres « couleur de l’Orient la perle bleue pour une ineffable paix… ».  Dédicace d’une belle écriture, dans   l’un des  recueils de Chantal Crestant,  femme talentueuse de l’Ile de Ré, rencontrée récemment au salon du Livre féminin de LR.

 

.... l'après Xynthia....

…. l’après Xynthia….

et cette expression poétique de Mannick…

« Je connais des bateaux qui restent dans le port
De peur que les courants les entrainent trop fort,
Je connais des bateaux qui rouillent dans le port
A ne jamais risquer une viole au dehors.

Je connais des bateaux qui oublient de partir
Ils ont peur de la mer à force de vieillir,
Et les vagues, jamais, ne les ont séparés,
Leur voyage est fini avant de commencer.

Je connais des bateaux tellement enchaînés
Qu’ils en ont désappris comment se regarder,
Je connais des bateaux qui restent à clapoter
Pour être vraiment surs de ne pas se quitter.

Je connais des bateaux  qui n’ont jamais fini
De s’épouser encore chaque jour de leur vie,
Et qui ne craignent pas, parfois, de  s’éloigner
L’un de l’autre un moment pour mieux se retrouver.

Je connais des bateaux qui reviennent au port
Labourés de partout mais plus graves et plus forts,
Je connais des bateaux étrangement pareils

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Une réflexion au sujet de « La vie reprend… »

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