Je vais affronter et vaincre mon cancer….. je l’appellerai désormais « mon crabe »

Nous sommes  le 5 Octobre 2013. Il y a très exactement trois semaines, j’étais sur mon bateau à Lorient pour la grande saga des Muscadet et la veille,  à une émission télé,  ayant pour décor le « Café de la marine » sur la base sous-marine et brillamment animée par Jimmy Pahun, accompagné de deux journalistes du Télégramme, non moins talentueux.

La tempête n’était pas dans la baie de Lorient, pendant ces deux jours de régates pour les 97 Mumu . Les prémices du mauvais temps se manifestaient sournoisement avant même  le retour, mais la perspective d’exposer mon joujou avec trois autres de ses semblables, au Grand Pavois, ont occulté la nécessité de regarder les choses en face  et de voir qu’il y avait urgence à écouter les manifestations d’un corps en déroute….

Comment passe-t-on en quelques jours d’un être invulnérable, à une épave physique et morale ? Le corps médical auprès duquel on vient confier ses bobos, prend la demande au sérieux pour rapidement identifier le ou les… responsables  perturbateurs dans un corps sein comme le mien.
Même si rien ne va plus, l’espoir est encore là. L’hôpital est le lointain refuge du bien portant. Ce soir là je me suis entendue dire « je rentre à l’hôpital »…..ce n’était déjà plus moi, l’invincible, celle qui allait enterrer tout le monde….
Au secours, mes enfants, j’ai besoin de vous ! Comme un ressort  qui surgit, elles étaient là, elles sont là.
Tout va très vite en ces instants révélateurs d’une situation exceptionnelle.

Mardi 1er Octobre – L’horizontalité du lit… dans une chambre à deux où je bénéficie de la fenêtre sur le jardin et le soleil en prime me donnent un peu d’espoir quant à l’issue des évènements, regardant ma voisine qui semble plus démunie que moi et surtout plus seule pour un « bobo » que j’ignore.
Elle ronfle toute la nuit… la brave dame. Service « gastro », recherche du fonctionnement des tuyauteries qui se bousculent.
Ma voisine, comme celles qui  vont se succéder, passent une nuit, voire deux, et repartent.

Entre temps, je prends racine, alimentée par perfusion, je ne peux  rien avaler, tandis que les examens s’enchainent, laissant beaucoup de points d’interrogations sur un cas parmi tant d’autres dans ce service aux pathologies banales ou sérieuses….
Je découvre le monde hospitalier auquel je croyais échapper puisque j’avais une pêche d’enfer supposée éternelle !!!!!

Jeudi 3 : une nouvelle voisine accompagnée d’un jeune couple qui la plante là et s’en va. Elle n’est pas jeune…. Et ne semble pas posséder toutes ses facultés mentales. S’approche de moi et marmonne entre ses dents. Je ne comprends pas ce qu’elle veut et après lui avoir dit de parler plus  fort, sans succès, je lui dit : je suis sourde !
Elle vient d’une résidence pour personnes âgées, seule, larguée là sans humanité à l’égard d’une personne vulnérable.
Douée pour les ronflements, elle retourne dans sa résidence le lendemain pour être remplacée par une grosse dame portugaise, dont la famille est plus envahissante et volubile que souhaité…. Et le visiteur qui s’enferme dans les toilettes à un moment où il y a urgence pour moi… difficile à déloger malgré les vociférations de sa femme en portugais.
L’hôpital est un lieu de passage plus ou moins long où se côtoient involontairement des individualités, parfois attachantes, parfois insupportables dans leurs comportements.
Le personnel soignant est admirable, aides soignantes, infirmières, internes, médecins. Présence et attention malgré un timing serré.

J’ai la chance d’avoir trois filles attentives, organisées, qui ont pris les choses en main et communiquent avec une grande efficacité. D’autres n’ont pas cette chance et je savoure ce bien être à un moment où je dois réunir toutes mes forces pour chasser ce « crabe » de mon corps, là où il n’a rien à faire.

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4 réflexions au sujet de « Je vais affronter et vaincre mon cancer….. je l’appellerai désormais « mon crabe » »

  1. combes

    bon courage pour ton traitement contre ton crabe, demain et pour ton retour à l’hopital. En même temps si tu as le temps pourri que l’on a en bretagne , tu ne perdra pas grand chose !!! bise des combes

    Répondre
  2. COURANT Daniel

    Salut Claude,Les Têtes pigeons voyageurs de toujours ont imprimé ton Blog et me l’ont envoyé par la poste. J’ai bien aimé que tu dises « Pose d’un cathéter » comme tu dirais « prendre un ris » mais cela semble plus difficile (et douloureux…!) .Dans ces circonstances les conseilleurs ne sont pas les payeurs..! Mais je vais quand même t’indiquer quelques lectures qui pourront te faire passer le temps..! A propos de ton Grand père : le livre « sur le front » ecrits de guerre de Teilhard de Chardin raconte les souffrances des soldats pendant la guerre 1914/1918 ,il était caporal brancardier dans le régiment de mon Grand Père et il nous a écrit 2 lettres très émouvantes pour raconter sa mort…! Je pense qu’en quelque sorte tu es aussi un soldat sur le front et les lettres de l’arrière les aidaient a tenir…! Ton idée d’écrire une Biographie de Phillipe va aussi faire une bonne diversion à tes soucis. Alors je te livre ici quelques souvenirs qui pourront peut-être t’aider..? : Pour nous Glénanais des années 1954/55 et après il était un chef certes mais aussi un maître de l’humour..! Il venait de se voir confier la direction de l’archipel, et son humour était aussi entrecoupé de colères et de crises de rage contre nous pauvres stagiaires débutants.. Une fois alors qu’il était sur la petite plage de DRENNEC (un paradis à coté du bagne de PENFRET..!) Il trépignais devant la lenteur des trensferts mouillages/plages ,il donnait des coups de pieds sur un paquet de bouts embrouillés ,et il criait à un pauvre stagiaire ahuris :LOVE cette écoute,comme il n’allait pas assez vite,il criait plus fort LOVE,LOVE,cette écoute et le pauvre gars encore plus abrutis faisait des yeux de plus en plus ronds…! jusqu’a ce qu-un d’entre nous ose lui dire : mais voyons Phillipe c’est un anglais…! alors tu immagine l’eclat de rire général a commencer par Phillipe qui se tordais de rire encore plus que nous tous.et moi même j’en ris encore ,c’était l’époque du « CONGRE DEBOUT » et nous avions tous acheté « LA REDOUTE DE LA CONTREPETRIE » qui devint notre livre de chevet. Dans ces jeux de mots et astuces verbales là il était aussi un maître ,surtout quand on avaient du mal à tout comprendre,vraiment c’était le bon temps et la jeunesse avait des plaisirs simples et peu onéreux..! Mais nous pensons ici beaucoup à toi dans le Pays de St Malo et de Dinard. Bon courage et

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  3. le dannois

    bonjour
    on vient juste de te lire ce qui m’attriste beaucoup; je reste à ta disposition pour tout problème si tu as besoin de nous n’hésite pas
    bises
    Daniel Le Dannois

    Répondre

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