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Quelques nouvelles de l’hôpital

23 septembre 2014 :

Je sais que beaucoup de mes amis n’ont pas de nouvelles. Je viens de vivre 3 semaines un peu galère. Vous en expliquer le détail est au-dessus de mes forces … pour l’instant.…

Suite à une embolie pulmonaire, j’ai eu du mal à surmonter ma fatigue. Donc je dormais… enfin, j’essayais de dormir. Mais mon fessier, trop sollicité par le matelas, a finir par me dire : "y’en a raz le bol : lève-toi !"

Mais la volonté ne suffit pas… Donc il fut malmené..et il l’est toujours…

J’attends, demain, en principe, un matelas à bulle « spécial anti escarres » en espérant que ce sera la potion magique..

En position allongée, mon meilleur compagnon, c’est le « haricot » pour les débordements de l’estomac intempestifs.

Tout ça étant dit, je suis toujours extrêmement entourée par ma famille et mes amis, qui m’aident à surmonter cette épreuve.

Il est question que je quitte l’hôpital en début de semaine prochaine pour retrouver ma maison, mon jardin, et tout ce qui l’ensoleille.

Dès lors, j’espère aller mieux et vous raconterai avec un peu plus d’humour mon 3ème séjour hospitalier, vécu avec des équipes médicales formidables.

A très bientôt au bord de l’eau… ou sur l’eau..!

PS : j’ai confié ce message à ma fille ainée, qui s’est chargée de le taper sous ma dictée. Voici pour l’agrémenter une jolie photo envoyée par un des très nombreux amis qui m’écrivent au au jour le jour….

crocus

temps de récupération

Maman est en phase de récupération à l’hôpital. Elle voudrait bien vous écrire mais elle attend d’avoir la pêche pour écrire avec humour.
En attendant, elle se cramponne et elle mentalise sur les muscles de ses jambes qui se sont mis en grève intempestive.

Pour favoriser sa récupération, les visites sont interrompues provisoirement, et on lui a piqué son téléphone qui sonnait pendant ses petites siestes, elle était d’accord.

Mais il reste les emails ! qui lui font toujours autant plaisir, alors à vos plumes et vos photos, et de la vie, de l’humour, de la tendresse (bordel) !

Merci à vous tous d’être là, à ses côtés, avec nous, merci, merci, on vous adore !

Sylvie, Isabelle, Martine

ps > nous n’avons pas encore rappelé toutes celles, tous ceux, qui ont laissé des messages, mille excuses.

Retour a la case départ…

Depuis la fin de la chimio, en Avril dernier, je me sentais bien voire tres bien, oubliant volontiers que le corps médical avait donné un diagnostic réaliste sur ma situation, mais encourageant puisque je suis une bonne nature….
Mes vagabondages par ci par là, ont repris et bien sur, mes navigations vers Aix ou Oléron, les couchers de soleil sur l,Ile de Ré et le retour sous spi entre les Tours jusqu’au ponton d’amarrage, ou nous accueillent Jean Perre et ses potes installés dans leur cockpit le verre à la main.
C’est aussi l’arrivée – le 7 Août – des 42  yachts classiques, dont qq Anglais et un Allemand, venus de Plymouth/Brest/LR puis leur parade dans le vieux port, malheureusement sous une pluie persistante. Seuls les Grands Pavois, hissés pour la circonstance, ont apporté un semblant de couleur dans ce port habituellement si lumineux.Mais ils ont été tres admirés par un public resté stoïque sous la pluie,
Tandis que mes intestins commencaient à se bousculer. Occultant cette situation, j’ai continué à vivre normalement, ignorant les symptômes d’alertes…..jusqu’à ce que l’évidence dirige mes roues de scooter jusqu,aux Urgences, persuadée que ce n’était pas grave…. Donc certaine de repartir le jour- meme sur ma trottinette….. 
Nous sommes le dimanche 9  Aout, pleines vacances pour ceux et celles qui l’ont mérité…. Mais les formalités accomplies, je prends un siege et un livre pour tuer le temps, tout en ayant un oeil et une oreilles aux arrivées continues d’un mélange de vrais Urgences et de vacanciers dont la " bobotterie" n’a rien à faire aux Urgences, mais qu’une orientation vers une pharmacie ou un généraliste semble difficile, parce qu’aux Ugences on ne paye pas…. Les attentes, insupportables, me semblent venir de là.
Déshydratée, on me perfuse apres qq heures d’attente allongée sur un charriot qui tue le dos …. Puis une radio pour constater que je n’ai pas d’occlusion. Il est 21h lorsque l’interne décide de me garder pour la nuit – ce qui n’est pas évident, faut trouver un lit….. Casse tête quotidien du responsable!
Me retrouve enfin dans un boxe sur un vrai lit…avec une ordonnance, mais sans qu’aucun médicament ne me soit donné pour éviter le bloquage intestinal.
Les boxes se remplissent au cours de la nuit. Pas de répit pour le toubib de garde depuis hier jusqu’à ce soir .
On est lundi matin. Il vient vers moi : qu’est-ce que tu fous là ? me dit- il en prenant mon dossier. Entre voileux on se comprends….. Je lui explique que je m’envole mardi pour l’Ecosse, avec des amis et que mon scooter m’attend en bas…. Un peu perplexe, m’envoie au scanner et à midi, me libère en ajoutant : je te garderais bien ….. Mais j’ai toujours pas d’occlusion …..
Rentre chez moi pour retrouver ma fidèle cousine et son fils, tandis que je renonce à m’envoler avec les Henry dont la fille habite Glasgow et nous attend.
Suit une nuit d’enfer….. Je ne vais pas vous parler de la douleur, chacun en a eu dans sa vie et le misérabilisme c’est pas mon truc. 
On est mardi 12 . Retour aux Urgences munie de mon dossier complet qui aurait du m’ouvrir les portes de l’efficacité. Mon toubib voileux étant partie, je me retrouve dans le flot des entrées "urgentes et bobotteuses" sur le même brancard qui casse les dos….Je gamberge sur ma sortie d’hier que j’aurais pu éviter si le toubib avait été plus ferme dans sa volonté de me garder. A moi on ne dit pas : je te garderais bien, mais Je te garde….
Cette fois, l’occlusion intestinale est bien réelle. Et comme c’est pas opérable, because le " crabe", faut attende que ça passe. …..
Je vous passe la nuit de  mardi dans un autre service ou  vers 20 h je suis dans un vrai lit. Mais toujours pas en oncologie…. Faut trouver un lit ! Pas simple…..
Nuit blanche… Dos cassé. Réclame des calmants.
Mais dans ce service là y’a pas de médecin permanent et l’infirmière me dit : 
- je ne peux pas vous donner sans l’accord du 
médecin.
- faites venir un médecin des urgences ! 
- je vais appeler
- la médecin arrive, donne qq consignes pour soulager, sans grands résultats. Galère, je vous dit !
( Claude, pourquoi t’es pas restée hier, t’es nulle ) .
Le jour se lève ce mercredi  13 . Je demande à aller dans le service oncologie. Là ou j’étais il y a un an et là ou je dois aller…. Mais faut trouver un lit. Je ne suis pas la seule, c’est pas pour une nuit d’hôtel quatre étoiles….
J’y suis en fin d’après midi et l’infirmière me reconnait… Ca va le faire’.. Mais encore une nuit galère avant de trouver le bon tempo douleurs et tout le reste dans le cathéter pour reconstruire la  carcasse un peu cassée….et le crabe un peu secoué.
Mon  corps ressemble a une montgolfière, mais je vole pas….
La morphine, judicieusement distillée, me rend  l’avenir plus rose… Je contemple le ciel, souvent tourmenté, la force du vent sur le superbe pin parasol d’un jardin accueillant malades et visiteurs pour une destination peu enviable…..mais apporte l’espérance de jours meilleurs….
Martine est rapidement revenue avec sa bonne humeur communicative, chargée d’informer ses soeurs de la situation stagnante….. Sylvie et Jérome, en marche de refuges en refuges dans les Alpes, garde le contact. Ils cheminent tous deux dans le vent, sous la pluie, voire la neige…..du coté de la Suisse.
Isabelle et Ariel, partis depuis Septembre pour une grande aventure maritime sur leur "Jurançon" , sont actuellement au Sénégal. Elle rédige un Blog passionnant sur son ressenti local dans le cadre d’un doctorat anthropologique, illustré de superbes photos d’Ariel . (Blog : skol)
Apres les formalités compliquées à Dakar, sont actuellement dans une rivière "le Saloun" et s’imprègnent de la vie des pêcheurs et leurs villages.
Ebola, ce virus destructeur, est encore assez éloigné du Sénégal, mais reste inquiétant. Ils ont décidé de prendre l’avion le 27, pour voir enfants et maman, en laissant le bateau dans la rivière, ayant, par le plus grand des hasards, rencontré un Sénégalais propriétaire d’un bateau Harlé : un Sangria. Surprises de la vie ! Si Ebola se propage, pourront- ils atterrir de nouveau à Dakar ?….. Chacun ses tracas, me disent ses soeurs…..
Martine repartie, Sylvie est revenue qq jours, accueillie par ma cousine Francoise, qui a sacrifié ses vacances pour moi, plus Bénédicte, une nièce adorable venue de Bretagne quelques jours.
Et puis les amis défilent, portant avec eux rigolades et bonnes histoires. Comme les réjouissances se prolongent bien au delà de mes craintes, la boyauterie       se décoince depuis trois jours.
Nous sommes dimanche 24 Aout, jour du Seigneur auquel je pense…. Sachant que des bonnes âmes amies ne m’oublient pas…
Martine a installé des photos bateaux, famille, amis, sur le panneau aimanté, abandonné par le corps médical, pour ensoleiller ma vision du monde….. Celle lue dans les journaux et le "Canard enchainé", infos subtilement distillées, pour voir que si on ne peut pas mettre tout le monde dans le même sac, c’est pas joli joli tout ça ! la droite et la gauche, sur des registres différents, ont des casseroles qui ne semblent  pas leur peser sur les intestins… sinon ils auraient une OCCLUSION…

         Bonjour tristesse ! 

Il est  4 h du matin. Je gamberge en me posant des questions sur mon présent et l’avenir d’un corps que je ne contrôle plus parce qu’il véhicule des toxines qui me bousculent, me font perdre, depuis qq semaines, ce qui représente ma vie et ma liberté.
Depuis un an que le "Crabe" est venu me visiter, je suis passée par des hauts et bas qui font partie du quotidien de tout citoyen. Ici, il est accompagné d’une incertitude de " demain " …. Même si chacun d’entre nous n’est pas sur d’être là demain, c’est aussi une évidence ; mais je me regarde avant de regarder les autres, ceux qui aujourd’hui n’ont rien qui les bousculent, ou s’en sont déjà remis.

Le dire, l’écrire, c’est m’alléger d’un poids qui pese lourd, Si je regarde que ce temps de vie, passé trop vite, fut si riche et dont je ne regrette ni les initiatives, ni les décisions que j’ai pu prendre pour lui donner un sens, donner de l’amour à ceux et celles qui m’entourent et faire que le soleil a plus souvent brillé dan notre maison que la pluie.

Mon corps est bousculé. La Montgolfière est toujours là et ne s’affinera qu’avec la chimio, celle que j’ai déjà eu l’an dernier et qui m’a permis de bien vivre comme je le souhaitais. Que sera cette deuxième alerte ? Nul ne la sait parce que la médecine n’est pas une science exacte, même si les recherches permanentes améliorent les cas les plus désespérés. Et le mien en serait- il? Dommage ! Je suis si bien parmi mes semblables ! Difficile d’envisager un autre avenir lorsqu’on a un tempérament comme le mien, d’une santé générale solide. Le Crabe n’est qu’un accident…. Mais dominateur.
Les larmes font partie de la panoplie que je ne combats pas parce que, ce passage à la pluie….. est nécessaire pour reprendre des forces, courage et énergie.

C’était quelques lignes entre 4 h et 5 h d’une nuit sans lune..

La Grèce et son histoire – Athènes et ses merveilles

Je crois vous avoir dit que je m’envolais pour ce pays, retrouver deux couples d’amis. Mais comme dans tous projets, il y a parfois des "couac"… qui viennent bousculer l’ordre établi… et ce fut le cas dans le programme de mon séjour, où, grâce au soleil plus ardent que dans le Nord de la France, j’ai pu garder mon optimisme dès mon arrivée à l’aéroport et la venue de mon ami grec Yannis Mavrikios, bien connu des professionnels du nautisme, puisqu’il fut associé dans le bureau d’études Harlé/Mortain pendant de nombreuses années. Evelyne étant sur le départ pour une mission à l’étranger, je savais qu’il me faudrait "naviguer" seule dans cette ville où l’alphabet… ne facilite pas la compréhension. Mes neurones devront être au top, si je ne veux pas me ridiculiser, moi qui manipule avec difficulté la langue de Shakespeare.
Lors d’un passage rapide dans cette ville en 1983, j’avais en mémoire une ville "encombrée" où la circulation était intense. Si les Jeux Olympiques ont "plombé" les finances de la Grèce, le métro et le tramway, construits pour la circonstance, ont désengorgé la circulation, contribuant ainsi à diminuer la pollution qui ne cessait de se développer.

En évoquant les JO dont ce pays fut à l’origine, c’est à la suite des travaux d‘Héraclès dans le Péloponnèse, que la guerre fut déclarée contre Augias parce qu’il avait refusé de le récompenser pour son travail, comme il l’avait promis. Le fis d’Augias comprit l’injustice et pris la défense du héros. Et après de nombreuses mésaventures, il tua Augias . La victoire avait changé de camp, et pour que les hommes se souviennent de cette victoire, Héraclès institua à Olympie des jeux qui avaient lieu tous les quatre ans : les Jeux Olympiques.

Evelyne en voyage, Yannis au travail, leur adorable fille Marie, à l’école, j’organise ma vie autour de la "culture" celle que j’ai négligé sur les bancs de l’école – la Grèce étant au programme de 5ème… à un âge où mon esprit vagabondait autour de mes passions : le dessin, la musique, le sport, le théâtre, m’éloignant chaque jour de cette autre culture obligatoire, organisée et rigide, que représentait "l’école" et ses nombreuses matières incontournables, mais dont l’utilité m’échappait… à l’époque.

l'immeuble et sa rue

l’immeuble et sa rue

Mes amis m’ayant dit : ici tu es chez toi : je me suis rapidement sentie à l’aise, dès que j’ai pu assimiler le rituel de fermetures – clés et alarme – dans ce vaste appartement, situé dans le quartier un peu éloigné du centre ville, disons, le Neuilly d’Athènes, vue sur la mer en prime.

Tramway  arrivant à la station

Tramway
arrivant à la station

Le Tramway – construit à La Rochelle – est au bout de la rue, parallèle au périphérique jusqu’à son entrée au cœur de la ville. Il m’est rapidement devenu, lui aussi, familier, mon repère pour me déplacer; le Métro, beaucoup plus loin, me paraissant compliqué pour mes neurones déjà suffisamment sollicités…
Je prends un ticket que je garde précieusement pour le contrôleur.. que je ne verrai jamais.. N’ayant pas vu qu’il fallait le composter sur le quai avant d’embarquer, je l’utilise pour tous mes trajets. Les moralistes désapprouveront ce comportement frondeur… contribuant à la ruine de ce pays…

le "pompon" prend de la hauteur à chacun des pas

le "pompon" prend de la hauteur à chacun des pas…

Le garde est figé....

Le garde est figé….

Je vais au terminus de la ligne, aboutissant au Parlement, pour regarder les soldats de la Garde nationale. C’est une des attractions comme l’est celle de la Garde du Palais de Buckingham, là où se concentre une population touristique internationale brandissant appareils photos et caméras pour immortaliser le spectacle de ces hommes, lourdement vêtus, malgré les 40° au soleil, marchant d’un pas cadencé, dans des chaussures où le "pompon" installé à l’extrémité, prend de la hauteur à chacun des pas. C’est assez fascinant, si l’on oublie que ces pauvres bougres doivent transpirer pendant des heures pour que leurs "clouneries" fassent le bonheur des touristes que nous sommes !

changement de la garde

changement de la garde

Puis je décide d’aller à l‘Acropole. Entre l’anglais, dont je suis incapable de dire deux mots dans mon pays, je suis surprise de voir que mon vocabulaire resurgi dès que j’en ai besoin. Ayant gardé quelques rudiments de grammaire, j’arrive entre français et anglais, à me faire comprendre. Mais ces gens, prêts à rendre service, ont un talent pour vous envoyer dans une direction qui n’est pas la bonne… j’allais trouver l’Acropole à droite, puis à gauche et de nouveau à droite… lorsque, fatiguée de marcher, devant un feu devenu rouge, j’aborde un jeune sur son scooter pour lui demander : l’Acropole ? m’explique en français. Je lui dis : "tu m’emmènes" en lui montrant le siège arrière… Réponse : OK. Pas peur la dame !… et me voila embarquée sur le scooter pour l’Acropole…
Dans le désordre de ce pays, la règlementation est peu respectée. Ainsi le casque obligatoire, n’est porté que par les vieux.. qui sans doute, ont eu dans leur vie, quelques frayeurs dans la conduite de cet engin. Les plus jeunes sont insouciants et sous cette chaleur, rouler sans casque ne leur pose aucun problème. Si, sur le périphérique, la vitesse est limitée, les contrôles étant inexistants, ça roule à tout va et stationnent n’importe où ! Evelyne me dit : "j’ai eu deux contraventions en 15 ans"!
Je suis  là pour me "culturer…"

l'Acropole de jour

l’Acropole de jour

De nombreuses villes grecques ont leur Acropole, mais celle d’Athènes est la plus célèbre. Coiffée du Parthénon, c’est une des plus belles œuvres de l’architecture que l’homme ait réalisé.
Il faut du temps pour regarder, visiter, s’imprégner des édifices, du pourquoi de ces constructions. Comme disent les livres : "ce temple domine la ville comme pour rappeler à chaque instant l’âge d’or de la Grèce ancienne".
Les barrières qui entourent ce grand édifice, le protègent car les travaux de conservation et de reconstruction sont indispensables parce que le marbre, fendillé, doit être consolidé.
Vu le Parthénon et ses colonnes de marbre et le temple de Zeus olympien, le plus haut de toute la Grèce.
Suis retournée plusieurs fois pour m’imprégner de toutes ces richesses et de leur histoire.
Le jardin National à droite du Parlement, est de toute beauté et au milieu de la journée, un havre de fraicheur. Je n’ai pas parcouru les 16 hectares de ce jardin Royal, mais ses allées bordées de statues en marbre, de fontaines et d’arbres centenaires.
Vu le théâtre antique d’Epidaure, immense, grandiose et impressionnant où j’aurais aimé voir un spectacle.
Visité le musée archéologique National, parcouru les vieux quartiers et ses boutiques en compagnie de mon amie Evelyne, revenue de son périple. Elle m’invita un soir sur la terrasse d’un hôtel pour admirer le coucher de soleil sur l’Acropole, puis la nuit installée, les illuminations de cette merveille qui domine la ville. Elle m’a emmenée le long de la côte jusqu’à la sortie de la baie voir le Temple de Poséidon.

l'Acropole de nuit

l’Acropole de nuit

Deux jours après mon arrivée, l’été s’est installé brusquement, passant de 17° à 35°. Mon projet n’était pas de naviguer, mais de me baigner dans cette mer si proche de l’appartement. Proche du cœur de la ville, il existe encore quelques espaces de plages où l’on peut se baigner et se dorer au soleil. Mais cela ne durera pas. Les promoteurs sont en alerte pour se saisir, ou qu’il leur soit offert, ces espaces afin d’y installer des marinas privées comme c’est le cas le long du littoral.
Le club de voile légère que fréquentent mes amis depuis longtemps, est menacé, lui aussi, de disparition ou de reconversion.
C’est effectivement un grand luxe de pouvoir venir à pied et gratuitement se baigner dans la mer. Moi qui boude les plages françaises depuis que je navigue ! Plus je vais sur l’eau, moins je vais dans l’eau. C’est aussi vrai pour la plupart des marins. Mais si ce luxe là est encore aujourd’hui à la portée des Athéniens, il ne le sera bientôt plus.

Chacun sait que ce pays va mal, vit mal. La pauvreté est visible partout. Les jeunes et moins jeunes… n’ont pas de travail. La richesse, là plus qu’ailleurs, est mal répartie. Mais la Grèce est, sera toujours, un beau pays et les gens sont gentils, même si la tristesse de leur situation se voit sur leur visage.
J’ai eu le privilège, lors d’une croisière en voilier entre la Turquie et la France, il y a plus de 20 ans, de découvrir certaines iles. Je serais incapable de les décrire aujourd’hui, mais si le vent y est souvent très virulent, elles gardent leurs beautés sans que des promoteurs ne viennent saccager la beauté du paysage.

Ce fut une belle page d’histoire et d’amitié !

… à suivre

 

 

je m’envole vers le soleil d’Athènes !

Comme je n’ai pas écrit depuis qq temps, je commence à recevoir des messages des uns et des autres pour savoir comment je vais.

Rassurez-vous, bien pour l’instant, prenant consciencieusement ma pilule contre le crab, tous les matins… la pilule anti bébé n’étant plus de mon âge !

Ma fille Isabelle et Ariel, son compagnon, viennent de quitter la France pour un grand voyage sur l’Océan. La famille réunie autour du bateau, ce samedi 10 Mai, a largué les amarres, heureux de les voir accomplir ce dont ils ont rêvé, mais triste de les quitter…

Je me suis souvenue du départ de "Juliénas" un soir d’Octobre 1977, partant de La Rochelle pour une aventure d’un an, (Philippe, les trois filles, et un complément d’équipage avec notre amie Térénia + un jeune voltigeur d’avant) pour la traversée du Golfe de Gascogne qui s’est révélée cruelle, tandis que je restais à terre pour accueillir les locataires occasionnels de la maison et finir de régler les factures…. les retrouvant une semaine après à Vigo. Je  n’ai  pas eu à subir le mal de mer dont mes chérubins de l’époque ont été atteintes, au point d’entendre Martine, âgée de 9 ans à l’époque : "j’veux rentrer à la Maison Blanche !". Mais à Vigo, chacune déclarait en rigolant: moi j’ai vomi 17 fois, et moi 18 !

Donc, que l’une d’elles ait eu envie de repartir pour une nouvelle aventure, me parait conforme à la vie que nous parents, lui avons fait mener à un moment de sa vie.

et ce poème sera la conclusion de mon message :

"et la mer et l’amour ont l’amer pour partage, et la mer est amère et l’amour est amer; l’on s’abime en l’amour aussi bien qu’en la mer; car la mer et l’amour ne sont point sans orage.

Celui qui craint les eaux, qu’il demeure au rivage; celui qui craint les maux qu’on souffre pour aimer; qu’il ne se laisse pas à l’amour enflammer; et tous deux ils seront sans hasard de naufrage.

La mère de l’amour eut la mer pour berceau; le feu sort de l’amour, sa mère sort de l’eau, mais l’eau contre ce feu ne peut fournir des armes.

Si l’eau pouvait étendre un brasier amoureux; son amour qui me brûle est si fort douloureux; que j’eusse éteint son feu de la mer et de mes larmes.

Pierre de Marbeuf

…. de retour le 29 Mai et ce sera l’été….

 

 

 

Printemps…. Eté….. toujours des projets de vie….

En ce lundi de Pâques.

Lorsque j’étais petite,  je croyais dur comme fer que les œufs de Pâques tombaient du ciel, que  les garçons naissaient dans les choux,  les filles dans les roses…. et le père Noël entrait dans les maisons par la cheminée… Ca vous donne une idée de mon âge aujourd’hui dans ce monde télévisuel ouvert à l’information pour grands et petits dont ils n’échappent pas, sans être convaincue que cette communication les rend plus intelligents après avoir " zappé " quelques pages d’histoires dans leur imaginaire.
Mais je suis rassurée lorsque je vois ces mêmes bambins dévorer les bandes dessinées et  les dessins animés de cette même télévision faite du meilleur et du pire….

Un petit retour qui en dit long sur le temps qui passe… regardé aujourd’hui  d’un œil différent par la force des circonstances, des événements qui accompagnent mes pas….

Comme certains le savent, j’avais une échéance, un bilan, après ces 6 mois de " chimio  réparatrice " d’un mal devenu presque banal sur cette planète polluée par l’inconscience et l’insouciance des hommes. Je dis souvent : Tchernobyl ne s’est pas arrêté à la frontière….comme proclamé avec insistance par les politiciens au pouvoir.  On nous a pris pour des c….

Mon cas, disais-je,  tombe dans la banalité…. Même si ceux et celles,  habités par un " crabe " le vivent à leur manière, toujours douloureusement, parfois résignés, souvent combatifs, comme je le suis depuis 7 mois, sachant que c’est un des critères à prendre en compte pour une guérison ou une prolongation … dans un temps " time " dont personne ne sait quelle en sera l’échéance…

Mon Oncologue, Mme Jamet, a l’art de dire des choses concrètes, laissant une place à notre propre interprétation : " combien de temps  le corps médical fera-t-il des miracles ? " et comment peut-elle le savoir en dehors des hypothèses pessimistes ou optimistes dans un cas comme le mien où je ne cesse de les surprendre par ma vitalité et cette nécessité de me dire que je ne suis pas malade, seulement un mauvais moment à passer, dont les effets restent invisibles aux yeux de ceux qui ne savent pas où n’ont pas remarqué que ma chevelure artificielle n’avait pas la douceur et la souplesse des cheveux naturels….
Alors il m’est dit que l’ensemble des parties atteintes avait diminué de façon significative et encourageante, mais qu’une opération n’était pas envisageable sans prendre le risque de toucher à d’autres organes fragilisés. C’est en tout cas ce que j’ai compris, ma fille Isabelle ayant analysé la situation beaucoup mieux que moi, a pu faire un rapport plus concret à ses sœurs qu’il ne me semble pas utile de détailler ici car le langage médical est encore plus difficile à décrypter que le langage juridique auquel je suis confrontée  " aux prud’hommes ", ou tout simplement le vocabulaire des marins devant un public non initié…

La chimio a pour mission d’assommer le " mal ", le rendre inactif. Les progrès  scientifiques permettent aujourd’hui de fixer des protocoles adaptés à chaque cas, sachant que des réactions personnelles inconnues existent et qu’il faut ajuster en tenant compte du comportement et de la perception de chacun. Apparemment je suis un bon cobaye… ils ont tapé dans le mille…. Mais 6 mois suffisent car si le " crabe " en a pris un coup… l’organisme en prend aussi un coup. Il faut donc le mettre au repos ou en tout cas à un régime moins agressif.
Je suis donc un traitement à base de pilules ayant pour mission de continuer à stabiliser le mal, et contrôle toutes les 6 semaines, sachant qu’il n’y a pas de potion magique et que les effets secondaires existent là aussi. Mais le " crabe " a intérêt à bien se tenir !
Le misérabilisme n’est pas de mise, même si je n’ai pas pris l’information de façon aussi positive que j’aurais du, étant persuadée que tout n’est jamais dit… et ce " pas dit " a pris en moi des airs de défaite…. avant  de repartir sur des projets d’avenir qui n’auraient jamais du quitter mon esprit….

Apéro en mer et coucher de soleil

Apéro en mer et coucher de soleil

Alors je continue à regarder le soleil se lever devant ma fenêtre,  à  le regarder se coucher sur l’Ile de Ré depuis mon " Juliénas " les soirs de brise légère, revenant la nuit tombée pour laisser à droite la jolie maison du yacht Club Classique , (ancienne maison des Douane offerte par la ville pour y installer notre Club), passer les Tours de La Rochelle sous voile et redécouvrir à chaque passage les lumières dans l’avant port et les maisons qui ont gardé leur authenticité, leur sobriété, leur ensoleillement dans un cadre à mes yeux unique.

Je fais des projets de vagabondages, régates et  voyages ; la Grèce dans qq semaines,  Glasgow  en Août avec mes amis Henry,  pour entendre la musique celtique ;  mais dimanche prochain je dirigerai mes roues vers  Vouneuil sur Vienne, pour  planter un arbre dans le jardin de Jean Pierre avec tous ses amis, en hommage à ce grand monsieur ayant quitté notre planète terre, un peu trop brutalement,  il y a juste deux ans. La douleur reste entière….  Puis la Bretagne,  la marina de Locmiquelic pour larguer les amarres de " Skol "  le  Jurançon  d’Isabelle et Ariel, autour du 2 Mai,  dont l’aventure nautique commence par un séjour à St Louis du Sénégal pour étudier la montée des eaux et son effet sur la population (sujet de thèse d’Isabelle….) puis en septembre, traverser l’océan  pour atteindre les canaux de Patagonie où j’espère bien les retrouver à la fin de cette année….  Et à la Pentecôte, courir sur " Clos’Juliénas dans les eaux malouines avec mon petit fils Pierre Yves et son cousin,  et  fin juin, retrouver " Khayyam "  à Bénodet pour les régates de la Belle Plaisance.

C’est t’y pas un beau programme tout ça ! La vie reste belle et vaut la peine de se battre…. !!!

( à suivre…)

La vie reprend…

La vie reprend… les souvenirs profondément ancrés…
Tulips

Le printemps s’est officiellement déclaré, mais s’il est venu nous visiter en Février et au début de ce mois, il  s’est brusquement échappé pour nous signaler que le feu dans la cheminée était  encore d’actualité et  le dicton « à Noël  les moucherons, à Pâques les glaçons » n’est pas totalement exclu dans une météo  déboussolée.

Hier lundi 24 Mars, était mon dernier jour de « chimio » et la perspective d’une liberté retrouvée, même si dans l’immédiat, le mal de mer, sans mer… bouscule  mon organisme encore quelques jours.

Les turpitudes dans mon corps, ont débuté en septembre, au cours du dernier Grand Pavois de LR tandis que nous étions 4  Muscadet  le long d’un ponton  tapissé de rouge et de bleu  pour honorer les 50 ans de ce joli bateau.
La vie me souriait encore, puisque je ne savais pas de quoi j’étais atteinte, ou plus exactement, je n’envisageais pas  la possibilité de ne plus maitriser mon corps.

Six mois viennent de s’écouler.  Je dirais : déjà 6 mois !  Parce que mon entourage, famille, amis, ont mis toute leur énergie pour m’accompagner,  m’aider à vivre cette période le mieux possible,  regarder devant et ne pas me retourner sur ce que j’étais avant, mais sur ce que je serai après.

voiles de nuit

voiles de nuit

Après ce Grand Pavois, suivi du salon Nautique de Paris, j’avais envisagé  retrouver mon amie Andrée et Daniel, (organisateur Grand Pavois  du salon de Cannes) avant qu’il ne ferme ses portes il y a deux jours. Le rêve est toujours possible, la réalité est autre. Mais dans ces salons,  comme celui de Paris en Décembre, pour parisiens en mal de souvenirs, nostalgiques d’un été qui se prolonge,  je suis fidèle à ces rendez-vous de marins d’aujourd’hui et de demain.  Nous étions  « exposants » de 1962 à 1990. Depuis  le départ de Philippe en 91, j’ai parcouru les allées et les stands, m’attardant, jusqu’à une date récente, sur  celui du chantier « Etape » où la carène d’un petit Harlé, associé à Mortain/Mavrikios, était encore présente,   celui du Muscadet, où son histoire est quotidiennement racontée par le visiteur venu discrètement caresser son ancien bateau en évoquant ses navigations et ses émotions à l’enfant qui tient sa main et l’appelle papy…celui du stand « Mini » où tous les deux ans une nouvelle génération de fondus, prête à en découdre avec l’océan, vient glaner les tuyaux pour dénicher le sponsor miraculeux… et d’autres escales comme celle des stands groupés LR/Conseil Général/Régie/Grand Pavois, où l’accueil et la convivialité ont, au fil du temps, laissé la place aux « affaires » en oubliant la saveur de nos huîtres, le pain et le beurre qui vont avec.
J’aime parcourir ces allées, dont la configuration n’a guère changé depuis plus de 50 ans. Elles restent le chemin d’accès aux joujoux, souvent inaccessibles à l’achat, mais à la portée du rêve pour un après midi. Elles sont le point de rencontre avec les anciens, ceux de ma génération, éloignés professionnellement, pour des raisons diverses, mais habités d’un immense désir de se ressourcer et revivre leur histoire dans la rencontre de l’Autre, prévue ou imprévue, mais toujours enrichissante.

salon nautique Paris

salon nautique Paris

Chaque année j’ai pensé « tourner la page »- peut-être se tournera-t-elle toute seule…. -. Mais c’est difficile de couper le cordon ombilical d’un passé aussi riche où durant ces 50 années, tant d’événements se sont succédés, où se confondent encore aujourd’hui mes activités liées à la mer : professionnelles, associatives et de loisirs.

Eternel retour sur le passé… est-ce le moment ? Sans doute, parce qu’il peut être, selon les jours, l’éternel printemps,   qu’expriment avec talent, certains artiste peintres « couleur de l’Orient la perle bleue pour une ineffable paix… ».  Dédicace d’une belle écriture, dans   l’un des  recueils de Chantal Crestant,  femme talentueuse de l’Ile de Ré, rencontrée récemment au salon du Livre féminin de LR.

 

.... l'après Xynthia....

…. l’après Xynthia….

et cette expression poétique de Mannick…

« Je connais des bateaux qui restent dans le port
De peur que les courants les entrainent trop fort,
Je connais des bateaux qui rouillent dans le port
A ne jamais risquer une viole au dehors.

Je connais des bateaux qui oublient de partir
Ils ont peur de la mer à force de vieillir,
Et les vagues, jamais, ne les ont séparés,
Leur voyage est fini avant de commencer.

Je connais des bateaux tellement enchaînés
Qu’ils en ont désappris comment se regarder,
Je connais des bateaux qui restent à clapoter
Pour être vraiment surs de ne pas se quitter.

Je connais des bateaux  qui n’ont jamais fini
De s’épouser encore chaque jour de leur vie,
Et qui ne craignent pas, parfois, de  s’éloigner
L’un de l’autre un moment pour mieux se retrouver.

Je connais des bateaux qui reviennent au port
Labourés de partout mais plus graves et plus forts,
Je connais des bateaux étrangement pareils