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La Grèce et son histoire – Athènes et ses merveilles

Je crois vous avoir dit que je m’envolais pour ce pays, retrouver deux couples d’amis. Mais comme dans tous projets, il y a parfois des "couac"… qui viennent bousculer l’ordre établi… et ce fut le cas dans le programme de mon séjour, où, grâce au soleil plus ardent que dans le Nord de la France, j’ai pu garder mon optimisme dès mon arrivée à l’aéroport et la venue de mon ami grec Yannis Mavrikios, bien connu des professionnels du nautisme, puisqu’il fut associé dans le bureau d’études Harlé/Mortain pendant de nombreuses années. Evelyne étant sur le départ pour une mission à l’étranger, je savais qu’il me faudrait "naviguer" seule dans cette ville où l’alphabet… ne facilite pas la compréhension. Mes neurones devront être au top, si je ne veux pas me ridiculiser, moi qui manipule avec difficulté la langue de Shakespeare.
Lors d’un passage rapide dans cette ville en 1983, j’avais en mémoire une ville "encombrée" où la circulation était intense. Si les Jeux Olympiques ont "plombé" les finances de la Grèce, le métro et le tramway, construits pour la circonstance, ont désengorgé la circulation, contribuant ainsi à diminuer la pollution qui ne cessait de se développer.

En évoquant les JO dont ce pays fut à l’origine, c’est à la suite des travaux d‘Héraclès dans le Péloponnèse, que la guerre fut déclarée contre Augias parce qu’il avait refusé de le récompenser pour son travail, comme il l’avait promis. Le fis d’Augias comprit l’injustice et pris la défense du héros. Et après de nombreuses mésaventures, il tua Augias . La victoire avait changé de camp, et pour que les hommes se souviennent de cette victoire, Héraclès institua à Olympie des jeux qui avaient lieu tous les quatre ans : les Jeux Olympiques.

Evelyne en voyage, Yannis au travail, leur adorable fille Marie, à l’école, j’organise ma vie autour de la "culture" celle que j’ai négligé sur les bancs de l’école – la Grèce étant au programme de 5ème… à un âge où mon esprit vagabondait autour de mes passions : le dessin, la musique, le sport, le théâtre, m’éloignant chaque jour de cette autre culture obligatoire, organisée et rigide, que représentait "l’école" et ses nombreuses matières incontournables, mais dont l’utilité m’échappait… à l’époque.

l'immeuble et sa rue

l’immeuble et sa rue

Mes amis m’ayant dit : ici tu es chez toi : je me suis rapidement sentie à l’aise, dès que j’ai pu assimiler le rituel de fermetures – clés et alarme – dans ce vaste appartement, situé dans le quartier un peu éloigné du centre ville, disons, le Neuilly d’Athènes, vue sur la mer en prime.

Tramway  arrivant à la station

Tramway
arrivant à la station

Le Tramway – construit à La Rochelle – est au bout de la rue, parallèle au périphérique jusqu’à son entrée au cœur de la ville. Il m’est rapidement devenu, lui aussi, familier, mon repère pour me déplacer; le Métro, beaucoup plus loin, me paraissant compliqué pour mes neurones déjà suffisamment sollicités…
Je prends un ticket que je garde précieusement pour le contrôleur.. que je ne verrai jamais.. N’ayant pas vu qu’il fallait le composter sur le quai avant d’embarquer, je l’utilise pour tous mes trajets. Les moralistes désapprouveront ce comportement frondeur… contribuant à la ruine de ce pays…

le "pompon" prend de la hauteur à chacun des pas

le "pompon" prend de la hauteur à chacun des pas…

Le garde est figé....

Le garde est figé….

Je vais au terminus de la ligne, aboutissant au Parlement, pour regarder les soldats de la Garde nationale. C’est une des attractions comme l’est celle de la Garde du Palais de Buckingham, là où se concentre une population touristique internationale brandissant appareils photos et caméras pour immortaliser le spectacle de ces hommes, lourdement vêtus, malgré les 40° au soleil, marchant d’un pas cadencé, dans des chaussures où le "pompon" installé à l’extrémité, prend de la hauteur à chacun des pas. C’est assez fascinant, si l’on oublie que ces pauvres bougres doivent transpirer pendant des heures pour que leurs "clouneries" fassent le bonheur des touristes que nous sommes !

changement de la garde

changement de la garde

Puis je décide d’aller à l‘Acropole. Entre l’anglais, dont je suis incapable de dire deux mots dans mon pays, je suis surprise de voir que mon vocabulaire resurgi dès que j’en ai besoin. Ayant gardé quelques rudiments de grammaire, j’arrive entre français et anglais, à me faire comprendre. Mais ces gens, prêts à rendre service, ont un talent pour vous envoyer dans une direction qui n’est pas la bonne… j’allais trouver l’Acropole à droite, puis à gauche et de nouveau à droite… lorsque, fatiguée de marcher, devant un feu devenu rouge, j’aborde un jeune sur son scooter pour lui demander : l’Acropole ? m’explique en français. Je lui dis : "tu m’emmènes" en lui montrant le siège arrière… Réponse : OK. Pas peur la dame !… et me voila embarquée sur le scooter pour l’Acropole…
Dans le désordre de ce pays, la règlementation est peu respectée. Ainsi le casque obligatoire, n’est porté que par les vieux.. qui sans doute, ont eu dans leur vie, quelques frayeurs dans la conduite de cet engin. Les plus jeunes sont insouciants et sous cette chaleur, rouler sans casque ne leur pose aucun problème. Si, sur le périphérique, la vitesse est limitée, les contrôles étant inexistants, ça roule à tout va et stationnent n’importe où ! Evelyne me dit : "j’ai eu deux contraventions en 15 ans"!
Je suis  là pour me "culturer…"

l'Acropole de jour

l’Acropole de jour

De nombreuses villes grecques ont leur Acropole, mais celle d’Athènes est la plus célèbre. Coiffée du Parthénon, c’est une des plus belles œuvres de l’architecture que l’homme ait réalisé.
Il faut du temps pour regarder, visiter, s’imprégner des édifices, du pourquoi de ces constructions. Comme disent les livres : "ce temple domine la ville comme pour rappeler à chaque instant l’âge d’or de la Grèce ancienne".
Les barrières qui entourent ce grand édifice, le protègent car les travaux de conservation et de reconstruction sont indispensables parce que le marbre, fendillé, doit être consolidé.
Vu le Parthénon et ses colonnes de marbre et le temple de Zeus olympien, le plus haut de toute la Grèce.
Suis retournée plusieurs fois pour m’imprégner de toutes ces richesses et de leur histoire.
Le jardin National à droite du Parlement, est de toute beauté et au milieu de la journée, un havre de fraicheur. Je n’ai pas parcouru les 16 hectares de ce jardin Royal, mais ses allées bordées de statues en marbre, de fontaines et d’arbres centenaires.
Vu le théâtre antique d’Epidaure, immense, grandiose et impressionnant où j’aurais aimé voir un spectacle.
Visité le musée archéologique National, parcouru les vieux quartiers et ses boutiques en compagnie de mon amie Evelyne, revenue de son périple. Elle m’invita un soir sur la terrasse d’un hôtel pour admirer le coucher de soleil sur l’Acropole, puis la nuit installée, les illuminations de cette merveille qui domine la ville. Elle m’a emmenée le long de la côte jusqu’à la sortie de la baie voir le Temple de Poséidon.

l'Acropole de nuit

l’Acropole de nuit

Deux jours après mon arrivée, l’été s’est installé brusquement, passant de 17° à 35°. Mon projet n’était pas de naviguer, mais de me baigner dans cette mer si proche de l’appartement. Proche du cœur de la ville, il existe encore quelques espaces de plages où l’on peut se baigner et se dorer au soleil. Mais cela ne durera pas. Les promoteurs sont en alerte pour se saisir, ou qu’il leur soit offert, ces espaces afin d’y installer des marinas privées comme c’est le cas le long du littoral.
Le club de voile légère que fréquentent mes amis depuis longtemps, est menacé, lui aussi, de disparition ou de reconversion.
C’est effectivement un grand luxe de pouvoir venir à pied et gratuitement se baigner dans la mer. Moi qui boude les plages françaises depuis que je navigue ! Plus je vais sur l’eau, moins je vais dans l’eau. C’est aussi vrai pour la plupart des marins. Mais si ce luxe là est encore aujourd’hui à la portée des Athéniens, il ne le sera bientôt plus.

Chacun sait que ce pays va mal, vit mal. La pauvreté est visible partout. Les jeunes et moins jeunes… n’ont pas de travail. La richesse, là plus qu’ailleurs, est mal répartie. Mais la Grèce est, sera toujours, un beau pays et les gens sont gentils, même si la tristesse de leur situation se voit sur leur visage.
J’ai eu le privilège, lors d’une croisière en voilier entre la Turquie et la France, il y a plus de 20 ans, de découvrir certaines iles. Je serais incapable de les décrire aujourd’hui, mais si le vent y est souvent très virulent, elles gardent leurs beautés sans que des promoteurs ne viennent saccager la beauté du paysage.

Ce fut une belle page d’histoire et d’amitié !

… à suivre

 

 

je m’envole vers le soleil d’Athènes !

Comme je n’ai pas écrit depuis qq temps, je commence à recevoir des messages des uns et des autres pour savoir comment je vais.

Rassurez-vous, bien pour l’instant, prenant consciencieusement ma pilule contre le crab, tous les matins… la pilule anti bébé n’étant plus de mon âge !

Ma fille Isabelle et Ariel, son compagnon, viennent de quitter la France pour un grand voyage sur l’Océan. La famille réunie autour du bateau, ce samedi 10 Mai, a largué les amarres, heureux de les voir accomplir ce dont ils ont rêvé, mais triste de les quitter…

Je me suis souvenue du départ de "Juliénas" un soir d’Octobre 1977, partant de La Rochelle pour une aventure d’un an, (Philippe, les trois filles, et un complément d’équipage avec notre amie Térénia + un jeune voltigeur d’avant) pour la traversée du Golfe de Gascogne qui s’est révélée cruelle, tandis que je restais à terre pour accueillir les locataires occasionnels de la maison et finir de régler les factures…. les retrouvant une semaine après à Vigo. Je  n’ai  pas eu à subir le mal de mer dont mes chérubins de l’époque ont été atteintes, au point d’entendre Martine, âgée de 9 ans à l’époque : "j’veux rentrer à la Maison Blanche !". Mais à Vigo, chacune déclarait en rigolant: moi j’ai vomi 17 fois, et moi 18 !

Donc, que l’une d’elles ait eu envie de repartir pour une nouvelle aventure, me parait conforme à la vie que nous parents, lui avons fait mener à un moment de sa vie.

et ce poème sera la conclusion de mon message :

"et la mer et l’amour ont l’amer pour partage, et la mer est amère et l’amour est amer; l’on s’abime en l’amour aussi bien qu’en la mer; car la mer et l’amour ne sont point sans orage.

Celui qui craint les eaux, qu’il demeure au rivage; celui qui craint les maux qu’on souffre pour aimer; qu’il ne se laisse pas à l’amour enflammer; et tous deux ils seront sans hasard de naufrage.

La mère de l’amour eut la mer pour berceau; le feu sort de l’amour, sa mère sort de l’eau, mais l’eau contre ce feu ne peut fournir des armes.

Si l’eau pouvait étendre un brasier amoureux; son amour qui me brûle est si fort douloureux; que j’eusse éteint son feu de la mer et de mes larmes.

Pierre de Marbeuf

…. de retour le 29 Mai et ce sera l’été….

 

 

 

Printemps…. Eté….. toujours des projets de vie….

En ce lundi de Pâques.

Lorsque j’étais petite,  je croyais dur comme fer que les œufs de Pâques tombaient du ciel, que  les garçons naissaient dans les choux,  les filles dans les roses…. et le père Noël entrait dans les maisons par la cheminée… Ca vous donne une idée de mon âge aujourd’hui dans ce monde télévisuel ouvert à l’information pour grands et petits dont ils n’échappent pas, sans être convaincue que cette communication les rend plus intelligents après avoir " zappé " quelques pages d’histoires dans leur imaginaire.
Mais je suis rassurée lorsque je vois ces mêmes bambins dévorer les bandes dessinées et  les dessins animés de cette même télévision faite du meilleur et du pire….

Un petit retour qui en dit long sur le temps qui passe… regardé aujourd’hui  d’un œil différent par la force des circonstances, des événements qui accompagnent mes pas….

Comme certains le savent, j’avais une échéance, un bilan, après ces 6 mois de " chimio  réparatrice " d’un mal devenu presque banal sur cette planète polluée par l’inconscience et l’insouciance des hommes. Je dis souvent : Tchernobyl ne s’est pas arrêté à la frontière….comme proclamé avec insistance par les politiciens au pouvoir.  On nous a pris pour des c….

Mon cas, disais-je,  tombe dans la banalité…. Même si ceux et celles,  habités par un " crabe " le vivent à leur manière, toujours douloureusement, parfois résignés, souvent combatifs, comme je le suis depuis 7 mois, sachant que c’est un des critères à prendre en compte pour une guérison ou une prolongation … dans un temps " time " dont personne ne sait quelle en sera l’échéance…

Mon Oncologue, Mme Jamet, a l’art de dire des choses concrètes, laissant une place à notre propre interprétation : " combien de temps  le corps médical fera-t-il des miracles ? " et comment peut-elle le savoir en dehors des hypothèses pessimistes ou optimistes dans un cas comme le mien où je ne cesse de les surprendre par ma vitalité et cette nécessité de me dire que je ne suis pas malade, seulement un mauvais moment à passer, dont les effets restent invisibles aux yeux de ceux qui ne savent pas où n’ont pas remarqué que ma chevelure artificielle n’avait pas la douceur et la souplesse des cheveux naturels….
Alors il m’est dit que l’ensemble des parties atteintes avait diminué de façon significative et encourageante, mais qu’une opération n’était pas envisageable sans prendre le risque de toucher à d’autres organes fragilisés. C’est en tout cas ce que j’ai compris, ma fille Isabelle ayant analysé la situation beaucoup mieux que moi, a pu faire un rapport plus concret à ses sœurs qu’il ne me semble pas utile de détailler ici car le langage médical est encore plus difficile à décrypter que le langage juridique auquel je suis confrontée  " aux prud’hommes ", ou tout simplement le vocabulaire des marins devant un public non initié…

La chimio a pour mission d’assommer le " mal ", le rendre inactif. Les progrès  scientifiques permettent aujourd’hui de fixer des protocoles adaptés à chaque cas, sachant que des réactions personnelles inconnues existent et qu’il faut ajuster en tenant compte du comportement et de la perception de chacun. Apparemment je suis un bon cobaye… ils ont tapé dans le mille…. Mais 6 mois suffisent car si le " crabe " en a pris un coup… l’organisme en prend aussi un coup. Il faut donc le mettre au repos ou en tout cas à un régime moins agressif.
Je suis donc un traitement à base de pilules ayant pour mission de continuer à stabiliser le mal, et contrôle toutes les 6 semaines, sachant qu’il n’y a pas de potion magique et que les effets secondaires existent là aussi. Mais le " crabe " a intérêt à bien se tenir !
Le misérabilisme n’est pas de mise, même si je n’ai pas pris l’information de façon aussi positive que j’aurais du, étant persuadée que tout n’est jamais dit… et ce " pas dit " a pris en moi des airs de défaite…. avant  de repartir sur des projets d’avenir qui n’auraient jamais du quitter mon esprit….

Apéro en mer et coucher de soleil

Apéro en mer et coucher de soleil

Alors je continue à regarder le soleil se lever devant ma fenêtre,  à  le regarder se coucher sur l’Ile de Ré depuis mon " Juliénas " les soirs de brise légère, revenant la nuit tombée pour laisser à droite la jolie maison du yacht Club Classique , (ancienne maison des Douane offerte par la ville pour y installer notre Club), passer les Tours de La Rochelle sous voile et redécouvrir à chaque passage les lumières dans l’avant port et les maisons qui ont gardé leur authenticité, leur sobriété, leur ensoleillement dans un cadre à mes yeux unique.

Je fais des projets de vagabondages, régates et  voyages ; la Grèce dans qq semaines,  Glasgow  en Août avec mes amis Henry,  pour entendre la musique celtique ;  mais dimanche prochain je dirigerai mes roues vers  Vouneuil sur Vienne, pour  planter un arbre dans le jardin de Jean Pierre avec tous ses amis, en hommage à ce grand monsieur ayant quitté notre planète terre, un peu trop brutalement,  il y a juste deux ans. La douleur reste entière….  Puis la Bretagne,  la marina de Locmiquelic pour larguer les amarres de " Skol "  le  Jurançon  d’Isabelle et Ariel, autour du 2 Mai,  dont l’aventure nautique commence par un séjour à St Louis du Sénégal pour étudier la montée des eaux et son effet sur la population (sujet de thèse d’Isabelle….) puis en septembre, traverser l’océan  pour atteindre les canaux de Patagonie où j’espère bien les retrouver à la fin de cette année….  Et à la Pentecôte, courir sur " Clos’Juliénas dans les eaux malouines avec mon petit fils Pierre Yves et son cousin,  et  fin juin, retrouver " Khayyam "  à Bénodet pour les régates de la Belle Plaisance.

C’est t’y pas un beau programme tout ça ! La vie reste belle et vaut la peine de se battre…. !!!

( à suivre…)

La vie reprend…

La vie reprend… les souvenirs profondément ancrés…
Tulips

Le printemps s’est officiellement déclaré, mais s’il est venu nous visiter en Février et au début de ce mois, il  s’est brusquement échappé pour nous signaler que le feu dans la cheminée était  encore d’actualité et  le dicton « à Noël  les moucherons, à Pâques les glaçons » n’est pas totalement exclu dans une météo  déboussolée.

Hier lundi 24 Mars, était mon dernier jour de « chimio » et la perspective d’une liberté retrouvée, même si dans l’immédiat, le mal de mer, sans mer… bouscule  mon organisme encore quelques jours.

Les turpitudes dans mon corps, ont débuté en septembre, au cours du dernier Grand Pavois de LR tandis que nous étions 4  Muscadet  le long d’un ponton  tapissé de rouge et de bleu  pour honorer les 50 ans de ce joli bateau.
La vie me souriait encore, puisque je ne savais pas de quoi j’étais atteinte, ou plus exactement, je n’envisageais pas  la possibilité de ne plus maitriser mon corps.

Six mois viennent de s’écouler.  Je dirais : déjà 6 mois !  Parce que mon entourage, famille, amis, ont mis toute leur énergie pour m’accompagner,  m’aider à vivre cette période le mieux possible,  regarder devant et ne pas me retourner sur ce que j’étais avant, mais sur ce que je serai après.

voiles de nuit

voiles de nuit

Après ce Grand Pavois, suivi du salon Nautique de Paris, j’avais envisagé  retrouver mon amie Andrée et Daniel, (organisateur Grand Pavois  du salon de Cannes) avant qu’il ne ferme ses portes il y a deux jours. Le rêve est toujours possible, la réalité est autre. Mais dans ces salons,  comme celui de Paris en Décembre, pour parisiens en mal de souvenirs, nostalgiques d’un été qui se prolonge,  je suis fidèle à ces rendez-vous de marins d’aujourd’hui et de demain.  Nous étions  « exposants » de 1962 à 1990. Depuis  le départ de Philippe en 91, j’ai parcouru les allées et les stands, m’attardant, jusqu’à une date récente, sur  celui du chantier « Etape » où la carène d’un petit Harlé, associé à Mortain/Mavrikios, était encore présente,   celui du Muscadet, où son histoire est quotidiennement racontée par le visiteur venu discrètement caresser son ancien bateau en évoquant ses navigations et ses émotions à l’enfant qui tient sa main et l’appelle papy…celui du stand « Mini » où tous les deux ans une nouvelle génération de fondus, prête à en découdre avec l’océan, vient glaner les tuyaux pour dénicher le sponsor miraculeux… et d’autres escales comme celle des stands groupés LR/Conseil Général/Régie/Grand Pavois, où l’accueil et la convivialité ont, au fil du temps, laissé la place aux « affaires » en oubliant la saveur de nos huîtres, le pain et le beurre qui vont avec.
J’aime parcourir ces allées, dont la configuration n’a guère changé depuis plus de 50 ans. Elles restent le chemin d’accès aux joujoux, souvent inaccessibles à l’achat, mais à la portée du rêve pour un après midi. Elles sont le point de rencontre avec les anciens, ceux de ma génération, éloignés professionnellement, pour des raisons diverses, mais habités d’un immense désir de se ressourcer et revivre leur histoire dans la rencontre de l’Autre, prévue ou imprévue, mais toujours enrichissante.

salon nautique Paris

salon nautique Paris

Chaque année j’ai pensé « tourner la page »- peut-être se tournera-t-elle toute seule…. -. Mais c’est difficile de couper le cordon ombilical d’un passé aussi riche où durant ces 50 années, tant d’événements se sont succédés, où se confondent encore aujourd’hui mes activités liées à la mer : professionnelles, associatives et de loisirs.

Eternel retour sur le passé… est-ce le moment ? Sans doute, parce qu’il peut être, selon les jours, l’éternel printemps,   qu’expriment avec talent, certains artiste peintres « couleur de l’Orient la perle bleue pour une ineffable paix… ».  Dédicace d’une belle écriture, dans   l’un des  recueils de Chantal Crestant,  femme talentueuse de l’Ile de Ré, rencontrée récemment au salon du Livre féminin de LR.

 

.... l'après Xynthia....

…. l’après Xynthia….

et cette expression poétique de Mannick…

« Je connais des bateaux qui restent dans le port
De peur que les courants les entrainent trop fort,
Je connais des bateaux qui rouillent dans le port
A ne jamais risquer une viole au dehors.

Je connais des bateaux qui oublient de partir
Ils ont peur de la mer à force de vieillir,
Et les vagues, jamais, ne les ont séparés,
Leur voyage est fini avant de commencer.

Je connais des bateaux tellement enchaînés
Qu’ils en ont désappris comment se regarder,
Je connais des bateaux qui restent à clapoter
Pour être vraiment surs de ne pas se quitter.

Je connais des bateaux  qui n’ont jamais fini
De s’épouser encore chaque jour de leur vie,
Et qui ne craignent pas, parfois, de  s’éloigner
L’un de l’autre un moment pour mieux se retrouver.

Je connais des bateaux qui reviennent au port
Labourés de partout mais plus graves et plus forts,
Je connais des bateaux étrangement pareils

L’intrusion dans ma maison ou mon jardin, c’est pas top !

Je vais vous sortir une phrase bien banale : « le temps passe trop vite ! » sans doute pour justifier le silence de mon blog, à croire que je n’ai rien à raconter…. Et pourtant, une dernière  de la semaine :
Un individu – comme disent les flics – s’est introduit nuitamment dans mon jardin pour emporter ma tondeuse électrique et mon sac à main (oublié dans ma voiture), avec   TOUT  dedans, m’obligeant à faire le parcours du combattant : banque, mairie, préfecture, assureur, et surtout commissariat, ce dernier  n’étant pas le plus agréable….
J’arrive donc  dans cet établissement Rochelais,  que l’on ne fréquente pas volontiers, pour faire ma déclaration de vols. Un jeune, sans galons, mais imbu de sa personne et  de son uniforme…  est à l’accueil. Visiblement je le dérange dans ce qu’il fait, c’est-à-dire « rien »… mais attend que je parle :
-          Je viens pour  déclarer le  vol de mon sac à main ;
-          Pour ça il faut votre carte d’identité
-          Mais elle était dans mon sac !
-          Ah, mais sans la carte, je ne peux pas vous enregistrer
-          Je vous répète qu’elle était dans mon sac que je n’ai plus !!!
-          Alors c’est pas possible de vous enregistrer !
Je commence à m’énerver…..
-          Je ne repartirai pas sans avoir "déposé" ma plainte
Toujours debout, comme s’il allait partir…. Il finit par prendre son papier et crayon pour m’inscrire derrière ceux qui attendent leur tour…
Je m’installe pour voir défiler les flics galonnés : ça descend des étages, ça remonte, ca sort, ca rentre, ça discute….
Mon voisin s’est fait voler son scooter. Il est retrouvé et stocké dans la cour intérieure du bâtiment  avec quelques centaines d’autres « deux roues »  qui, non réclamés au bout d’un an, seront revendus,  sans doute  au profit des œuvres de la police….
Arrivent trois personnes, visiblement familiers d’un galonné, qui, sans se préoccuper de ceux qui attendent,  les installe  dans son  bureau  pour prendre leur déposition.
Deux heures que je suis là. La chaise est dure et j’ai mal aux fesses ….
Je pose la question : vous m’avez oubliée ?
-          Non, je vous prends tout de suite…. Me dit un autre galonné.
Le quart d’heure passe….
Bon alors, qu’est-ce qui vous arrive (celui-là est un peu plus aimable.)
-           J’explique mon cas.
-          J’ai besoin des numéros  carte bleue, chéquiers, carte d’identité, permis de conduire….
-          Je les ai pas par cœur , j’ai fait opposition auprès de ma banque et j’ai besoin de cette déposition
-          Ah, ben, je peux pas  enregistrer  votre déposition !
-          Est-ce que je peux revenir sans faire deux heures de queue ?
-          Ah non, faut reprendre votre tour… mais vous pouvez aller à Mireuil à 14h, y’a moins de monde.

A 14h, je me pointe au commissariat de Mireuil. A l’accueil, un galonné cette fois, mais je dérange alors qu’il n’y a personne…. (c’est  l’heure du café… ça se sent) Il a le visage de l’homme très occupé….
-          Vous voulez quoi ?
-          Je répète ma chanson (mais là j’ai les numéros  demandés)
J’attends…. Une demi heure… c’est sans doute la dose… faut bien le prendre ce café !
Son ordinateur me tourne le dos… il allume, mais c’est plutôt lent à démarrer ces p’tite bêtes ! Des fois ça veut pas marcher… et c’est le cas aujourd’hui ! Malheur de malheur ! Je sens que c’est partie remise… et il me le dit sans la moindre gêne ni excuse.
-          Bon, je reviens demain ?
-          Ah non, tous les RV sont pris… revenez après demain.
Tu fais quoi ? tu lui casse la g….. ou tu dis OK ??????
Deux jours après, c’est le vendredi  et avec l’ordinateur, ça va pas plus vite qu’avec les machines à écrire, parce qu’il faut remplir des cases et pas se tromper de case….
Je ressors avec  le document dument signé, tamponné en double exemplaires.

Encore très énervée,  je sors du parking et "égratigne" une voiture en reculant. La tôle c’est  pas fait pour être caressée, même doucement… Elle est sympa la dame, ne crie pas. On fait le constat et on se quitte en échangeant nos cartes de visite… elle habite dans mon quartier.  Ma "trottinette"  est un peu enfoncée,  l’assurance au tiers ne me couvre pas.  C’est  pas grave, elle en a vu d’autres !
Tant qu’elle roule, je l’use jusqu’au bout !
Mais c’est  pas fini :
Ca c’était dans la nuit de mardi 11 Mars
Et dans la nuit de vendredi à samedi,  « l’individu », comme disent les flics,  est revenu pour prendre mes deux moteurs hors-bord sur un support à roulettes,  dans le local du jardin en coupant le cadenas.
Je retourne à Mireuil. En deux jours ils n’ont pas oublié ma tête… L’accueil est meilleur et il imprime du copié-collé avec l’autre déclaration, en changeant seulement les objets volés… ca va plus vite, mais je relis pas et mon assureur voit que les moteurs ont 30 ans…. Au lieu de 3 …. Et qu’ils étaient dans le jardin et pas dans un local.  C’est la merde !

… à suivre….

La Guadeloupe – Ballade dans les Caraïbes

Il est toujours difficile de regarder la page blanche avant de laisser courir le stylo pour la noircir de mes délires, mes fantasmes, mes souvenir des  lors qu,il s,agit de revenir sur mon passé de marin.
La Guadeloupe, ou je suis aujourd’hui, est inscrite dans mon histoire de vagabonde, racontée a chacune de mes trois traversées de l’Atlantique et d’ailleurs…
Quelqu’un a dit "écrire c’est ne pas refuser ce que vous envoie la vie"
…… Alors, je poursuis mon voyage……
Ce mercredi 5 Février, Le zing nous a posé sur l’ile à l’heure locale du diner. Le ponton de la marina où stationne notre navire, loué pour une dizaine de jours, est plutôt branlant, l’environnement immédiat vétuste et la propreté n’est pas dans le cahier des charges des responsables du port. La vrai marina, celle qui accueille les grands évènements, est a l’opposé, proche de la capitainerie, dont nous sommes sans doute trop éloignés pour recevoir la wifi !
Pourquoi m’en soucier, sinon dire à mes enfants que le soleil la chaleur et l’amitié sont capables de guérir les maux du corps, mon  cœur étant en harmonie avec mes amis embarqués.
Francois a tout prévu, literie et provisions avant notre arrivée.

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Deux jours de soleil et de mer pour assimiler le décalage horaire, sur un voilier a deux coques que l’on appelle catamaran où se sont installés quatre couples dans la  force de l’âge et de l’esprit et ma pomme…je pourrais être leur mère…..mais leurs regards ne le confirme pas…..me voila rassurée et confortée dans ma position de second-capitaine.

La vie a bord s’installe  dans la plus pure tradition des marins.  Mes amis, Francois et Claire +Gonzalgue et Gaud, Jean et Gaby, Jean et Marie  véhiculent leur bonne humeur,  leur coté bon vivant, leur humour, pour s’évader qq jours de leurs responsabilités au quotidien, de leurs rythmes de vie dont ils acceptent la permanence grace aux parenthèses qu’ils peuvent s’accorder.

J’accompagne François dans son rôle de chef de bord. Plus a l’aise sur des monocoques classiques et modernes que sur des poids lourds a double coque de 48 pieds, mais n’ayant pas d’a priori, je suis agréablement  surprise par le comportement de ce voilier, sorti du chantier Fountaine, proche de ma maison a La Rochelle.

Je lui attribue d’autres qualités que celles d’être performant et bête de près……Il est à l’image de ce qu’on attend de lui : spacieux, confortable, facile à manœuvrer. Le bon choix !

Notre périple – que nous avons choisi et tracé sur la carte que voici – sera guère différent de ceux qui ont opté pour le catamaran, devenu le bateau roi sillonnant l’Archipel.

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Claire, Magy, Marie et Gaud peaufinent les menus, car je suis incapable de me livrer à ce genre d’exercice, pour une cause déjà évoquée : l’absence de gout pour les bonnes choses…..j’ai choisi la navigation et la vaisselle, ( ma spécialité sur Khayyam, le yacht classique de mes amis Fandeux, qui a à son bord un certain Michel T. maitre "Cook" incontesté).

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Pour nos premiers jours de mer, le ciel est plus tourmenté que sur les cartes postales envoyées aux amis restés dans les dépressions successives et l’humidité d’un hiver pas comme les autres. Mais quel que soit le bateau, mon bonheur de naviguer reste intact. Je pense souvent a cette phrase de Philippe, lors de notre grand voyage en famille en traversant l’Atlantique, le bateau offrant à la mer toute sa puissance : "c’est dans ces conditions que ma création arrive à s’exprimer pleinement".

Il vivait avec son bateau et il m’a appris a reconnaitre les mouvements de la coque lorsqu’il passe dans la vague, les bruits normaux et anormaux lorsque la mer le bouscule, toutes ces sensations, difficiles a décrire, qu’on appelle le bonheur d’être sur l’eau.

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Lundi 10 : déjà 5 jours que nous voguons dans l’archipel, dont deux escapades a Marie Galante située a 20 milles de P. a P. Nous jetons l’ancre dans la baie du village de Saint-Louis pour une balade a terre.

Je ne vais pas vous faire l’historique de cette ile. Le Petit Futé sera plus prolixe sur son histoire mouvementée, colonisée alternativement par les anglais et les français pour finir dans l’escarcelle de la France en 1816, non sans avoir guerroyé farouchement, on parle même de boucherie ! C’était pas de tout repos d’habiter là !!

Faut quand même se rappeler que Christophe Colomb la découvrit en 1493, une ile aux 100 moulins, une distillerie, le château de Murat, des plages ou il fait bon se baigner

François nous organise les expéditions terrestres : louer une voiture pour les "fatigués de la marche à pied" munis de la bonne carte et du guide touristique, trouver le bon restaurent, la bonne plage, les plus beaux panoramas.

Le soir, on revient a bord, plus "culturés" que la veille !

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Nous sommes aux Saintes, au milieu d’autres  voiliers : des cata charters pour une semaine ou deux, des monocoques grands et petits, ceux venus d’un autre continent pour quelques semaines, quelques mois, en transit pour d’autres horizons, reconnaissables par le matériel embarqué visible sur le pont, et par le ou les marins présents a bord. Ce sont des plaisanciers voyageurs; le bateau est devenu leur maison, provisoire ou définitive.

Un joli cata est proche de nous. Un couple et 4 enfants de 2 a 11 ans, tous blondinets, partis de Belgique en juillet dernier pour une année sabbatique. Après une traversée de la Manche et de l’Atlantique par fort vents d’W donc en "tricotant" péniblement, maman a déclaré : la Manche, plus jamais ça !…. La suite du voyage n’a pas été aussi idyllique qu’espéré dans la descente sur le Cap Vert et la traversée vers les Antilles où ils voguent depuis quelques semaines pour redonner confiance aux petits marins et à leur maman….la suite du programme se situant du côté des iles Vierges, puis les Bahamas avant un retour vers la Belgique, évitant les Etats Unis pour cause de tracasseries administratives et visas devenus extrêmement compliquées et couteux. En évoquant brièvement  notre voyage avec les enfants en 77, j’ai pensé que c’était une époque bénie pour une telle aventure.

Nous ne sommes ni les premiers ni les derniers a poser notre annexe sur le ponton d’accueil, sans avoir oublié de lui fixer un cadenas bien calibré…pour éviter le piratage, marché florissant dans l’archipel des Caraïbes pour l’innocent trop confiant sur les vertus du vrai ou faux marin sédentarisé….

Christophe Colomb est encore le découvreur de cette ile. A Terre de Haut, ou nous sommes aujourd’hui, vivent, essentiellement de la pêche, bretons, poitevins et normands.
Si vous aimez le poisson et les langoustes, posez votre ancre aux Saintes !!
Je suis venue plusieurs fois dans ce paradis respecté, protégé, ou les maisons aux toits rouges, se fondent dans la végétation. L’alternance de pluie et de soleil donne a la nature sa fraicheur permanente.
Pas de marinas, des bouées disposées intelligemment. Mais si tu veux t’y installer, sois prompt au réveil pour prendre la place "chaude" ….. comme on dit du parking parisien.
Arrive lentement un voilier  admiré plus souvent en photo : c’est l’ex "Club Med, baptisé Windsurf, 187m de long sur 20 de large et 5m50 de tirant d’eau. Dans cette baie il est impressionnant !

Le "drone "

François est un ingénieur entreprenant et imaginatif. Son dernier "joujou" se nomme Drone, sorte d’araignée a hélices, qui s’envole comme un hélicoptère, mais téléguidé, il circule dans les airs en photographiant tout sur son passage. Il est suivi de terre par celui qui porte de grosses lunettes noires munies d’antennes.
C’est une petite bête capable de pénétrer partout, de façon très indiscrète……
A Roissy, la valise un peu spéciale, n’a pas échappé a la vigilance de l’hôtesse :
- qu’avez-vous là dedans ?
- un appareil pour prendre des photos
- montrez-moi
- l’hôtesse regarde …. Sans comprendre
C’est pas dans le matériel calibré…..des fois que ça exploserait !
- coup de fil aux autorités
- faut pas s’énerver, dit François…..tandis que les candidats au soleil défilent au comptoir d’embarquement…..
- enfin l’info : ok, mais faut pas laisser les piles dedans
- François inquiet : ça va coincer dans les bagages a mains ?
- non, ça passera
- y’a parfois des miracles !!!

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Déjà une semaine que nous sommes ensembles pour naviguer, découvrir ou redécouvrir les paysages, les mouillages, mais aussi nous connaitre mieux´ pour nous apprécier davantage, parce que le voilier, aussi grand soit-il, peut être un espace d’intolérance, mais aussi la découverte de  ceux et celles qui vous entourent 24h sur 24.

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A ce bord, quatre couples amis de longue date dont leur histoire est baignée de souvenirs heureux, Marie Gabrielle – dit Gaby – est le bout en train bruyamment joyeux. Je suis donc en permanence certaine qu’elle n’est pas tombée du bateau !……. Marie m’impressionne par son calme et sa voix magnifique lorsqu’elle entonne le cantique du soir. Claire est une tendre maman de 9 enfants. Cette belle tribut a toujours et continue d’ensoleiller la Maison Blanche  lors de leurs séjours a La Rochelle.  Marie et Claire, songent aux menus qui feront plaisir a leurs hommes, sans jamais oublier que le bronzage acquis pendant ces jours d’hiver, sera autant de gagné sur l’été a venir…… Et Gaud, très discrète, s’active comme moi, sur son journal de bord en évoquant les événements quotidiens, les bons mots qu’accompagnent un humour parfois décapant……

Les Jean : sont deux. C’est pas toujours simple sur un bateau ! Mais les épouses respectives ne se trompent jamais…la voix du cœur est en éveil…ils sont si différents, que se tromper est impossible. L’un, volontiers épicurien, contrôle la vitesse du bateau et la ligne de traine pour alimenter le bord en poissons, surveille la cuisson du pain, le barbecue, la préparation des apéritifs et sommelier du bord, choisi le vin

N’ayant pas navigué depuis longtemps, il a perdu qq automatismes de base, mais sa cigarette est un bon indicateur des vents….L’autre Jean est un équipier discret, l’œil et l’oreille là ou il peut grappiller une info, en particulier comprendre le bateau et la mer. Gonzalve est un marin en qui je ferais confiance, même s’il ne sait pas faire un nœud de chaise sur une aussière …….cependant décidé a combler cette lacune…(comblée depuis). Attentif et gentil, il me charme! Quant a François, il avait 14 ans quand nous avons loué la maison de ses parents, amer remarquable vue de la baie de LR. C’est dire l’amitié qui nous lie. Bon vivant, manage son cheptel de main de fer….on dirait madame Thatcher au masculin. Mais la troupe est consentante, surtout lorsqu’il décide de rapporter des Langoustes, commandées la veille au pêcheur du coin.

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Aujourd’hui je suis seule a bord. J’ai la chance d’avoir visité la plupart des iles lors de notre grand voyage d’un an, en famille, a travers l’Atlantique. C’était en 77/78 mais aussi dans d’autres circonstances maritimes.

Déjà, a l’époque, j’aimais être gardienne du bateau, seule a bord quelques heures, tandis que les enfants et leur père, se rendaient a terre avec l’annexe. Je lis, j’écris, écoute mes disques préférés, regarde la mer, vagabonde dans mes souvenirs et a cet instant, je me dis que peut-être, je vis pour la dernière fois une croisière dans les Caraïbes….

Mercredi 12, nous quittons les Saintes, cap au Nord pour une escale technique : eau et gasoil dans une petite marina appelée Rivière Sens. L’eau est au prix forfaitaire de 15€, que ce soit 10 ou 2000 litres… Pour le carburant, c’est pas la même chanson….et on est priés de quitter le ponton rapidos.

Passons la soirée et la nuit le long des "ilets a Goyaves" ou de Pigeons, au NW de Basse Terre, Réserve naturelle de Cousteau, dont le buste a son effigie a été immergé a 12mètres de fond par son fils. Dans cette réserve protégée, les poissons multicolores vivent au milieu du corail vivant. Le spectacle est beau, même s’il n’est pas comparable a l’aquarium naturel et protégé de l’ile des Pins, en Nouvelle Calédonie.

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Soirée de bonheur partagé, entre la dégustation des langoustes, les chants de notre jeunesse et les histoires drôles qui font rire, mais oubliées la minute suivante…… Nos voisins en ont pris plein les oreilles !!
Maintenant, je compte les jours avant le retour…. Les optimistes diront : encore 4 jours, et les pessimistes : plus que 4 jours!….
Jeudi…..Après notre soirée plus au Nord, nous revenons aux Saintes, parce que le paysage est particulièrement beau et les mouillages sécurisants en cette période de vents musclés. C’est grâce. a ce retour, vent dans le pif, que je découvre d’autres qualités de notre cata. A 30 degrés du vent, c’est mieux qu’espéré et nous rattrapons qq monocoques sur le même cap.
Le canal des Saintes est fidèle a sa réputation….. Un peu de mal de mer me rappelle ma dernière croisière sur Khayyam……Impossible d’oublier ce mal si banal et pourtant si déprimant lorsqu’il s’installe…..
Mais, rassurez-vous, je persiste a aimer les voiliers qui vont sur la mer, parce qu’ils m’ont permis de voyager, de visiter quelques pays dans le monde, de participer a quelques courses : celles du RORC en Angleterre, lorsque j’étais plus jeune,  puis la Giraglia en Méditerranée, les régates d’Antigua au Nord des Antilles et surtout la Mini-transat courue en 87 sur un Coco 6.50m, avec Michèle Paret, compagne de Dominique Wavre, un Suisse qui vient de boucler son 10ème tour du monde. C’est une histoire de mer et de bateau dont je suis très fière, me prouvant, a 54 ans, que j’étais capable de réaliser une épreuve sportive d’une certaine exigence. Elle reste gravée dans ma mémoire et celle de Michèle, qui.  depuis, a bouclé trois tours du monde avec son compagnon.

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Le ciel est toujours tourmenté, le vent tonique sur une mer plate a l’abri des iles de l’archipel des Saintes. Au programme de ce vendredi, tour de l’ile Terre de Bas, trouver un mouillage suffisamment abrité pour sécuriser le bateau. Lorsqu’il n’y a pas de bouées, depuis le début de la croisière, jeter l’ancre devient une manœuvre difficile, voire impossible. L’ancre ne croche pas ou très mal, sur les fonds de sable.
On peste…… et on cherche une baie avec des bouées disponibles…sur lesquelles s’accrocher.
Un coup d’oeil sur le livre de bord pour voir que nous ne sommes pas les seuls devant ce problème.
Après avoir trouvé une petite bouée, nous allons déjeuner chez "Eugenette" petite auberge les pieds dans l’eau, trés connue du monde navigant  venu de partout. La mère et le fils sont aux petits soins et le repas délicieux : poisson, langoustes, crudités, gratin d’ignames  et bananes flambées (les meilleures des Antilles…..dit-on.). Terre de Bas est un village de jolies maisons individuelles, noyées dans la verdure  colorées et peintes avec un soin particulier. Il se dit que des subventions spécifiques sont généreusement distribuées a cet effet……Je comprends qu’elle attire tant de bateaux scotchés sur les bouées pas assez nombreuses pour accueillir  les visiteurs du soir que nous sommes.

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C’est notre dernière soirée a regarder le soleil se coucher derrière une iles des Saintes. Dernier dîner sur ce bateau devenu notre maison, derniers regards sur les lumières qui nous entourent, sur le lever  de la lune si épanouie qu’elle illumine les voiliers endormis.

Demain est un autre jour. Même si le rituel du lever et du petit déjeuner est semblable aux autres. Seul le cap compas indiquera le retour vers la Grande Terre, pour amarrer notre navire sur le ponton que nous avons quitté un jeudi 6 février 2014.

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Dimanche 16 le retour

Au lever du jour on refait nos sacs de marin, tandis que d’autres candidats au soleil débarquent du taxi, la mine réjouie venant s’offrir une dose d’UV pour l’hiver….

En traçant ces quelques lignes, sur mon IPAD, (cadeau de mes enfants le jour ou le "crabe" fut identifié), j’appuie régulièrement sur la touche "retour"….. Retour vers l’hiver, Retour en se séparant de nouveaux amis – de belles rencontres!, Retour sur la réalité des semaines "chimio" qui doit prolonger la vie… Retour en laissant derrière moi les bains chargés d’iode et d’énergie, les promenades au milieu des fleurs et des fruits exotiques,

Mais aussi, retour le visage bronzé, grâce a cette "parenthèse" sur la mer et sous les cocotiers.
et puis Marie vient de m’envoyer cette belle chanson de Mannick:
                            " Je connais les bateaux qui restent dans le port
                               de peur que les courants les entrainent trop fort,
                               je connais des bateaux qui rouillent dans le port
                               a ne jamais risquer une voile au dehors.

                                je connais des bateaux qui oublient de partir
                              ils ont peur de la mer à force de vieillir,
                               et les vagues, jamais, ne les ont séparés,
                               leur voyage est fini avant de commencer.

                                Je connais des bateaux tellement enchaînés
                              qu’ils en ont désappris comment se regarder,
                               je connais des bateaux qui restent à clapoter
                               pour être vraiment surs de ne pas se quitter.

                                Je connais des bateaux qui s’en vont deux par deux
                              affronter le gros temps quand l’orage est sur eux,
                               je connais des bateaux qui s’égratignent un peu
                               sur les routes océanes où les mènent  leurs jeux.

                                Je connais des bateaux qui n’ont jamais fini
                              de s’épouser encore chaque jour de leur vie,
                               et qui ne craignent pas, parfois, de s’éloigner
                               l’un de l’autre un moment pour mieux se retrouver.

                                Je connais des bateaux qui reviennent au port
                              labourés de partout mais plus graves et plus forts,
                               je connais des bateaux étrangement pareils
                               quand ils ont partagé des années de soleil.

                                Je connais des bateaux qui reviennent d’amour
                              quand ils ont navigué jusqu’à leur dernier jour,
                               sans jamais replier leurs ailes de géants
                               parce qu’ils ont le cœur à taille d’océan."

……. Demain lundi sera un autre jour et la suite une autre histoire…..

Nous sommes lundi matin, le soleil ne se lève pas aussi brillamment qu’hier dimanche – sans doute parce que c’était dimanche ! – et je vais partir pour ma séance chimio, celle qui m’enlève le gout des bonnes choses qq jours… J’avais entendu dire que les vieilles dames, messieurs aussi d’ailleurs, fixaient leur attention dans leur "assiette" à défaut, parfois, de trouver d’autres saveurs dans leur quotidien… Est-ce cela qui m’arrive ? je ne pense pas, n’ayant jamais été une épicurienne.

Je me souviens, lorsque je voyageais à l’étranger avec Philippe – visites des chantiers constructeurs de nos bateaux – il posait la question de savoir quand et où allions-nous déjeuner et ajoutait : "on déjeune ou on se nourri ?"  En clair : vrai repas ou grignotage ? C’était presque toujours grignotage, le repas du soir était accompagné de  beaucoup d’autres choses et d’attentions, laissant provisoirement de côté le téléphone, la table à dessin, les clients, les fournisseurs, en un mot,  les préoccupations d’une vie professionnelle intense,  recréant, le temps du voyage,  un équilibre entre vie professionnelle, vie personnelle et familiale….

Juste ce petit mot pour vous dire que sur le bateau en Guadeloupe, la WIFI  ne nous accompagne pas… Les nouvelles seront pour le retour si toutefois le "zinc" en qui on fait confiance… nous ramène à bon port.

 

à suivre….

 

La musique : un art de vivre….

Dans notre Charente Maritime,  nous ne sommes toujours pas en hiver : tout bourgeonne, même les pelouses retrouvent de la vigueur, laissant croire que le printemps est déjà là !
Lorsqu’hier je dis aux amis de  Picardie que j’ai déjeuné sur ma terrasse face à la mer avec un ami…. L’envie de changer de Région les envahit … provisoirement, parce que les raisons de leur attachement au terroir  ne sont pas climatiques, mais une page de leur histoire.

Dans la situation qui est la mienne aujourd’hui, je prends le temps de lire, de regarder, d’écouter  sans mesurer le temps « time » que je consacre à ces plaisirs  des yeux, des oreilles et de mon esprit vagabond… tandis que mes enfants et deux de mes petits enfants, sont dans l’action, sans grand espace de liberté, la seule étant leur passion pour ce qu’ils ont choisi et entrepris, ce choix restant un privilège que beaucoup ne peuvent s’accorder.
Lorsque j’écris, j’écoute Radio Classique ou un de mes CD préférés, plutôt époque Baroque ; mais grâce à Sylvie – flutiste professionnelle pendant 12 ans, avant de devenir ingénieur – mes oreilles se sont peu à peu familiarisées à des œuvres contemporaines. Elle n’était pas dans mes gènes cette mélodie !. J’écoutais les pièces de concours qu’elle préparait avec une persévérance que j’admirais… Peu à peu la mélodie, traversant les murs de sa chambre ou venant de la terrasse où elle jouait, m’est devenue agréable, même si je reste réservée sur les dissonances voulues dans certaines de ces œuvres. « Poulenc »  est devenu mon ami !

J’ai eu la chance d’apprendre le piano à 5 ans, puis interrompue par la guerre, j’ai repris les cours à un âge où les émotions se manifestent, où  la souplesse des doigts se développe en même temps que l’envie de jouer, même si mon professeur, d’une exigence maladive… utilisait plus souvent la baguette qui lui servait de guide sur la partition, pour taper sur mes doigts… « Mon piano » est devenu mon ami, celui auprès duquel je me suis souvent réfugiée pour cacher mes larmes d’enfant, mes chagrins d’adolescente et les douleurs de la vie… De ma Bourgogne, je suis « montée » à Paris étudier, sans mon piano. Ce n’est pas une « flute traversière » ou d’autres instruments à vent que les musiciens transportent sur leur épaule pour jouer là où ils le souhaitent. Comme disait un ami concertiste « notre difficulté est de s’adapter à un nouveau piano pour chaque concert ». Je l’ai donc abandonné ; puis, jeune mariée, j’ai choisi la guitare pour découvrir un autre son, d’autres harmonies avec ma cousine Irène dans sa chambre d’étudiante parisienne où je me rendais chaque semaine. Moments de bonheur partagés !
A travers mes lectures sur la vie  de certains  compositeurs de génie : Mozart, Beethoven, Schubert, Liszt,  Chopin (et son amour pour  George Sand),  j’ai pu percevoir aussi les faiblesses et la fragilité de  leur quotidien.  Si j’écoute beaucoup Haydn, Vivaldi, Albinoni, je garde un amour particulier pour Pergolese, qui hélas, est mort à 33 ans comme le Christ, laissant derrière lui peu de ses œuvres.  Il a su donner une vie à chaque instrument de l’orchestre, perceptible  à mon oreille.
La musique fait partie de la culture familiale Harlé pour ma génération et  les suivantes, neveux, nièces, cousins, cousines, petits enfants,   certains ayant  choisi cet art professionnel,  toujours avec talent, souvent avec succès.
Mes enfants ont grandi entre l’école, la musique, la voile, sans beaucoup de temps morts pour d’autres loisirs personnels… (Mère indigne !)  Mais il arrive une année, celle du Bac, où il faut élaguer…  Sylvie a choisi la musique, laissant provisoirement la voile, Isabelle, les études, pour reprendre sa guitare quelques années plus tard et Martine, douée pour le Hautbois, a choisi les compétitions de voile. Peu importe le choix final. Je savais, par expérience, que si la musique  développe la sensibilité, elle est aussi un moyen de  retrouver la sérénité dans les difficultés auxquelles personne n’échappe. Pour moi, tous les enfants devraient pouvoir découvrir un instrument de musique. Les conservatoires, inexistants dans ma génération, leur offrent cette opportunité. Sans devenir des professionnels,  ils peuvent s’épanouir dans des formations d’orchestres amateurs  pour  garder leur acquis et se faire plaisir. Ce n’est pas réservé qu’aux riches !

J’ai en mémoire récente l’initiative prise par Benoit Faucher – violoncellistes de talent, qui après ses études artistiques à La Rochelle et Paris, puis  un séjour aux États-Unis, a choisi de revenir en France passer le CAPES  pour enseigner dans les écoles. Il fut nommé à Sarcelles où il arriva un jour avec son violoncelle  pour commencer son cours à des classes multiraciales. Surpris, puis séduits, le chahut n’était pas dans ses classes. Tout en enseignant, il passe l’Agrégation, mais choisit de rester à Sarcelles dans cette école dite difficile et prend l’initiative de solliciter le Conseil Général pour obtenir des  instruments à cordes afin de pouvoir les confier à ces mêmes élèves  dans la perspective de leur faire jouer quelques pièces,  en association avec un orchestre britannique dont le chef d’orchestre a compris l’importance d’une initiative telle que celle-là.

Je suis allée « Pleyel » assister à ce concert grandiose surtout sur le plan humain. C’était un grand moment,  un de ces jours uniques,  de gloire et de fierté,  autant pour les parents admiratifs que pour les enfants, fiers de  jouer dans ce lieu,  car ni les uns ni les autres n’avaient, sans doute, jamais pénétré dans un tel théâtre.  La musique est universelle, et devrait être à  la portée de tous !

                                                                              oOo

Je quitte  ce chapitre sur l’art du son, pour vous dire que  les chimio se succèdent  en attendant de savoir si mon cas est opérable ou non. Ce traitement qui me rend vulnérable aux microbes circulant dans l’air, ne m’a pas épargnée,  puisque une toux persistante (virus) a duré 3 semaines sans que les traitements proposés ne soient réellement efficaces jusqu’à ce que je prenne de la Cortisone, me libérant  de ce virus plutôt tenace….
Je peux donc envisager l’avenir avec sérénité puisque je vais m’envoler pour la Guadeloupe pour naviguer avec des amis sur un gros catamaran.

Mon oncologue, prévenue de ma passion pour le milieu marin, a  accepté de reporter d’une semaine le traitement. Je vais donc avoir une chimio le 3 Février, prendre  le train le 4 et l’avion le 5… N’ayant aucun goût pour la nourriture pendant 3  jours après la chimio, je vais essayer d’emporter quelques « douceurs » pour mon repas dans l’avion…  munie d’un certificat spécial à présenter au contrôle des bagages pour ne pas les voir partir à la poubelle, imaginant qu’il s’agit d’une bombe à retardement….

…. Et retour le 16 Février,  pour vous rapporter un peu de soleil et vous faire rêver !…….

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La vie continue….

Quelques amis m’écrivent pour me dire qu’ils et elles ne sont pas familiers des "blogs" et utilisent le bon vieux Mail pour communiquer. Ils ont raison ; le blog informe, il n’impose pas une réponse. Il y a souvent des choses que l’on pense, que l’on ne dit pas ou plutôt n‘écrit pas… L’intime du parlé et de l’écrit sont différents, le ressenti est personnel, je le reçois comme un cadeau !

J’entame mon quatrième mois de "chimio". Je suis à mi parcours d’un traitement qui, au vu du "scanner récent, ne rend pas les spécialistes très euphoriques pour envisager une opération dans la foulée…. Est-ce précautions ou pessimisme ?

Ma vie bousculée, garde encore aujourd’hui ses « couleurs », celles du soleil levant, que je redécouvre tous les matins (lorsqu’il est là) en prenant mon petit déjeuner, alors que beaucoup de mes semblables, vivant dans des appartements sombres, l’aperçoivent parfois, déjà haut dans le ciel, en traversant la rue. Je fais face à l’adversité, mieux que beaucoup dans ma situation et surtout, je garde le sens du rire dont tout le monde a besoin en cette période troublée et troublante.

En dehors des "cloches" et du "sapin", dont j’ai parlé hier, ma famille au grand complet, dont mes 6 petits enfants, s’est déployée pour émoustiller mes papilles terriblement appauvries par le traitement et – mauvaise météo aidant – la maison s’est transformée en tripot" durant quelques jours au milieu des rires et des éclats de voix. Les jeux de notre enfance n’ont pas pris une ride, même si d’autres, plus intellectuels, ont eu la faveur des petits et grands… Le quotidien prend une autre dimension en s’attardant sur tous les bons moments de la vie….

Puis 2013 s’est effacé, ouvrant sur un horizon que l’on souhaiterait rayonnant, plein d’espoir et d’avenir pour chacun d’entre "vous". Je m’exclut de cet avenir et s’il se concrétise, il sera un "plus" imprévu dont je me réjouirai…. Abandonnant ma maison à mon petit fils Pierre Yves, Marie et leurs copains, j’ai passé ce Cap auprès de mes amis marseillais, sous le soleil et une température printanière. Marseille – ville européenne de la culture – nous a offert un feu d’artifice exceptionnel, clôturant ainsi une année riche en spectacles et animations qui se poursuivront sans doute à un rythme différent, mais resteront l’attraction primordiale dans une ville, plus cosmopolite que d’autres, si tourmentée et controversée, mais agréablement transformée autour du port par des architectes imprégnés de culture  méditerranéenne.

Pour vous qui me lirez, BONNE ANNEE ! Qu’elle soit toujours ensoleillée !

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Noël ! cloches de l’église….. lumières du sapin !

Il n’y a pas que les petits enfants pour se réjouir de l’approche de Noël date immuable fin Décembre. Les Grands que nous sommes, posent leurs souliers au pied du sapin dans l’espoir de ne pas être oubliés….

Noël c’est aussi la nativité, la naissance d’un Dieu, dont l’existence nous est transmise par les écritures, mais aussi celui qui déchire Juifs et Palestiniens.

Dans ce monde d’aujourd’hui, cosmopolite, brassage de populations, les croyances et les pratiques religieuses font partie de l’héritage culturel et familial. Pour les Chrétiens, pourquoi le Christ serait-il blanc dans les pays noirs ? Les Musulmans ne se posent sans doute pas cette question.

Je continue à me la poser en ce début d’année 2014, comme bien d’autres interrogations sur l’existence d’un « au-delà » auquel je crois, cherchant une vérité insaisissable lorsque je me monte les marches de l’église pour espérer transformer mes doutes en certitudes. Mon ami Godfroy, de l’ordre des franciscains, rencontré aux Glénan en 1959 – qui nous a mariés, baptisé nos enfants, marié l’une d’elle et enterré Philippe – avait une foi communicative,

sans jamais faire de prosélytisme. Son intelligence, l’histoire de sa vie et de son engagement, m’ont toujours impressionnée et depuis que lui aussi, a quitté ce monde, je suis orpheline dans mes repères spirituels….

En ce début du 21ème siècle, par notre faute, nous adultes, au fil des générations et pour cette fête initialement religieuse, nous avons privilégié le festif « sapin » au festif « messe de minuit » La crèche, les grandes orgues, les choeurs, les lumières, restent gravés dans mes souvenirs.

Ce clin d’œil sur le passé est, pour vous qui me lirez, un rappel aux souvenir - sans doute heureux – de chacun d’entre vous.

A suivre.….